Transmettre l'attestation employeur à France Travail : toutes vos obligations
Comment transmettre l'attestation employeur à France Travail ? Délais, canaux, obligations légales et erreurs à éviter : le guide pratique sourcé


Transmettre l'attestation employeur à France Travail est une obligation légale à chaque rupture de contrat (art. L. 1234-19 du Code du travail). Elle doit être remise « sans délai » au salarié au moment de la fin du contrat et transmise simultanément à France Travail, par voie électronique pour les entreprises de 10 salariés et plus (art. R. 1234-9). Depuis le 1er juin 2021, seul le modèle officiel à jour est accepté.
Transmettre l'attestation employeur à France Travail est une obligation légale impérative à chaque fin de contrat de travail, et non une simple formalité administrative. L'employeur doit remettre ce document à deux destinataires : le salarié, sans délai au moment de la rupture, et France Travail simultanément. Cette double obligation, encadrée par les articles L. 1234-19 et R. 1234-9 du Code du travail, conditionne l'ouverture des droits à l'assurance chômage du salarié. Un manquement expose l'employeur à une action en responsabilité devant le conseil de prud'hommes.
Qu'est-ce que l'attestation employeur et pourquoi est-elle obligatoire ?
L'attestation employeur : parfois appelée attestation France Travail ou attestation Unédic : est le document qui permet à France Travail de calculer les droits à l'assurance chômage du salarié après la rupture de son contrat. Elle récapitule l'ensemble des périodes d'emploi, les salaires perçus et le motif de la rupture.
Ce document est régi par l'article L. 1234-19 du Code du travail, qui impose à l'employeur de délivrer au salarié « les attestations et justifications qui lui sont nécessaires pour faire valoir ses droits aux prestations sociales ». L'article R. 1234-9 précise quant à lui les modalités de transmission à France Travail.
⚠️ Attention : l'attestation employeur ne doit pas être confondue avec le certificat de travail ni avec le solde de tout compte. Ce sont trois documents de fin de contrat distincts, chacun ayant sa propre finalité juridique.
À quoi sert l'attestation employeur ?
L'attestation employeur remplit une fonction précise : elle fournit à France Travail les données nécessaires au calcul de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE). Y figurent :
- Les dates exactes de début et de fin du contrat de travail.
- Les salaires bruts mensuels des 12 derniers mois (ou de la totalité du contrat si sa durée est inférieure).
- Le motif de la rupture (licenciement, démission, rupture conventionnelle, fin de CDD).
- Les indemnités versées (indemnité de licenciement, indemnité compensatrice de congés payés, indemnité de rupture conventionnelle).
Sans ce document, France Travail ne peut pas ouvrir les droits du salarié. L'enjeu est concret : un retard de transmission bloque le versement de l'ARE.
Quels contrats sont concernés par cette obligation ?
L'obligation de délivrance s'applique à toute rupture d'un contrat de travail ayant donné lieu à affiliation au régime d'assurance chômage. Sont concernés :
- Le CDI, quel que soit le motif de rupture (licenciement, démission, rupture conventionnelle, prise d'acte, résiliation judiciaire).
- Le CDD, y compris les contrats saisonniers et les contrats d'usage.
- Le contrat d'apprentissage et le contrat de professionnalisation.
- Les contrats des particuliers employeurs (Cesu, Pajemploi).
Selon l'article précité du Village de la Justice (mai 2017), « l'employeur délivre au salarié, au moment de l'expiration ou de la rupture du contrat de travail, les attestations et justifications qui lui sont nécessaires pour faire valoir ses droits ». Aucune exception n'est prévue par les textes.
À qui transmettre l'attestation employeur et dans quel délai ?
L'employeur a une double obligation de transmission : remettre l'attestation au salarié ET la transmettre à France Travail. Ces deux destinataires doivent recevoir le document. Le Code du travail ne prévoit pas de hiérarchie entre ces deux obligations : elles sont concomitantes.
Le salarié doit recevoir son exemplaire au moment précis de la fin du contrat. France Travail reçoit le sien simultanément, par le canal adapté à la taille de l'entreprise. La Cour de cassation a précisé la portée de cette obligation dans plusieurs décisions, rappelant qu'un retard injustifié constitue une faute de l'employeur.
Le délai « sans délai » : ce que dit la Cour de cassation
L'article L. 1234-19 du Code du travail impose une remise « au moment de l'expiration ou de la rupture du contrat de travail ». La Cour de cassation interprète cette formule comme une obligation de remise immédiate : ce que la doctrine et la pratique appellent le délai « sans délai ».
Un arrêt cité par Village de la Justice (octobre 2014) précise que l'attestation destinée à France Travail « doit être délivrée au salarié sans délai. À défaut, la Cour de cassation considère que ce manquement cause nécessairement un préjudice au salarié ». Autrement dit, l'employeur ne peut pas invoquer une raison administrative pour différer la remise de plusieurs jours.
En pratique, l'attestation doit être prête le jour même de la rupture. Le dernier jour travaillé, le salarié doit repartir avec ce document en main : ou le recevoir par courrier le jour même si la rupture intervient à distance.
Les employeurs de 10 salariés et plus : une obligation de télétransmission
L'article R. 1234-9 du Code du travail distingue deux régimes de transmission à France Travail :
- Employeurs de 10 salariés et plus : transmission obligatoire par voie électronique. La DSN (Déclaration Sociale Nominative) constitue le canal privilégié. L'espace personnel sur francetravail.fr permet également la saisie en ligne.
- Employeurs de moins de 10 salariés : la transmission électronique reste recommandée mais le formulaire papier demeure accepté.
Cette distinction, confirmée par Village de la Justice (2017), vise à automatiser le traitement des attestations pour les entreprises d'une certaine taille. Un employeur de 15 salariés qui persisterait à envoyer un formulaire papier s'expose à un rejet de l'attestation par France Travail.
L'essentiel
- L'attestation employeur est une obligation légale à chaque rupture de contrat, quel que soit le motif (démission, licenciement, rupture conventionnelle, CDD).
- Elle doit être remise « sans délai » au salarié au moment de la fin du contrat : la Cour de cassation sanctionne tout retard.
- Les employeurs de 10 salariés et plus doivent transmettre l'attestation par voie électronique (DSN ou espace France Travail).
- Depuis le 1er juin 2021, seul le modèle officiel à jour est accepté par France Travail : tout ancien formulaire est rejeté.
- La non-remise engage la responsabilité de l'employeur et peut entraîner une condamnation à des dommages-intérêts.
Comment transmettre l'attestation employeur à France Travail : les canaux disponibles
Trois canaux permettent de transmettre l'attestation employeur à France Travail. Le choix dépend de la taille de l'entreprise et de son mode habituel de déclaration sociale.
Depuis le 1er juin 2021, une règle impérative s'applique à tous les canaux : seuls les modèles d'attestation en vigueur sont acceptés. L'Unédic le rappelle sans ambiguïté : « les attestations issues d'un ancien modèle sont rejetées ». Vérifier la version du formulaire avant envoi n'est pas une précaution facultative.
Via l'espace personnel francetravail.fr (onglet « Mes échanges et documents »)
La transmission via l'espace personnel sur francetravail.fr suit un parcours simple :
- Connectez-vous à votre espace employeur sur francetravail.fr.
- Accédez à l'onglet « Mes échanges et documents ».
- Sélectionnez « Attestation employeur » dans la liste des documents disponibles.
- Remplissez en ligne les champs requis (période d'emploi, salaires, motif de rupture).
- Validez la saisie : l'attestation est directement transmise à France Travail sans envoi postal complémentaire.
Une version PDF de l'attestation est générée automatiquement après validation. L'employeur peut la télécharger pour la remettre au salarié. Ce canal convient à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, mais il est obligatoire pour celles de 10 salariés et plus.
Via la Déclaration Sociale Nominative (DSN)
La Déclaration Sociale Nominative (DSN) est le canal technique utilisé par la plupart des entreprises équipées d'un logiciel de paie. L'attestation employeur est intégrée au flux mensuel de la DSN sous forme d'un signalement de fin de contrat de travail (FCT).
Le signalement FCT contient les mêmes informations que l'attestation classique : dates de contrat, salaires, motif de rupture. Il est automatiquement routé vers France Travail par le concentrateur DSN. L'employeur n'a pas d'envoi supplémentaire à effectuer.
La DSN constitue le mode de transmission le plus intégré. Il réduit le risque d'erreur de saisie puisque les données salariales sont déjà présentes dans le système de paie. Les entreprises de 10 salariés et plus qui utilisent déjà la DSN pour leurs déclarations sociales mensuelles doivent l'utiliser également pour l'attestation employeur.
Cas particuliers : Cesu, Pajemploi, particulier employeur
Les particuliers employeurs et les utilisateurs de Cesu ou Pajemploi suivent un circuit spécifique.
- Cesu (Chèque Emploi Service Universel) : l'attestation employeur est générée automatiquement par le centre Cesu à partir des déclarations mensuelles. L'employeur doit néanmoins s'assurer que le salarié la reçoit bien à la fin du contrat.
- Pajemploi (garde d'enfants, assistance aux personnes âgées ou handicapées) : le dispositif fonctionne de manière analogue. L'attestation est produite automatiquement. L'employeur peut la télécharger depuis son espace personnel Pajemploi et la transmettre au salarié.
- Particulier employeur hors Cesu/Pajemploi : il utilise le formulaire papier ou se connecte à francetravail.fr. La transmission électronique n'est pas obligatoire pour les employeurs de moins de 10 salariés, mais elle reste recommandée.
France Travail propose sur son site une rubrique dédiée aux particuliers employeurs avec le modèle d'attestation adapté.
Cas pratique : transmettre l'attestation après un licenciement (scénario chiffré)
Prenons un cas concret : une PME de 15 salariés licencie un assistant administratif le 30 septembre 2025. Le dernier jour travaillé est le 30 septembre, date à laquelle le préavis prend fin.
Obligations de l'employeur ce jour-là :
- Préparer l'attestation employeur en amont, sur la base des salaires des 12 derniers mois (octobre 2024 à septembre 2025).
- Utiliser le modèle officiel en vigueur : tout formulaire antérieur au 1er juin 2021 serait rejeté par France Travail (Unédic).
- Remettre un exemplaire papier au salarié lors de son départ, le 30 septembre.
Transmission à France Travail :
L'entreprise comptant 15 salariés, la télétransmission est obligatoire (art. R. 1234-9 du Code du travail). L'employeur se connecte à son espace francetravail.fr, onglet « Mes échanges et documents », et saisit l'attestation en ligne le jour même. Une version PDF est téléchargée pour archivage.
Conséquence d'un retard :
Si l'employeur attend le 4 octobre pour transmettre l'attestation, le salarié ne peut pas s'inscrire comme demandeur d'emploi dans les délais. France Travail ne peut pas ouvrir ses droits ARE sans le document. Le salarié subit un décalage dans le versement de son allocation. Ce préjudice peut fonder une demande de dommages-intérêts devant le conseil de prud'hommes, la Cour de cassation considérant que tout retard injustifié cause nécessairement un préjudice (Village de la Justice, octobre 2014).
💡 À noter : dans ce scénario, l'employeur a tout intérêt à saisir l'attestation en ligne avant même le dernier jour travaillé, puis à la valider définitivement le jour J. La plateforme francetravail.fr permet cette anticipation.
Télécharger le bon modèle d'attestation employeur France Travail (PDF à jour)
Le modèle officiel de l'attestation employeur est accessible sur le site francetravail.fr, dans la rubrique dédiée aux employeurs. Deux formats sont généralement proposés : un formulaire PDF à télécharger (pour les employeurs de moins de 10 salariés ou les particuliers employeurs) et le module de saisie en ligne (pour la télétransmission).
L'Unédic a fixé une règle stricte : depuis le 1er juin 2021, seuls les modèles à jour sont acceptés. Une attestation issue d'un ancien modèle : par exemple un formulaire téléchargé en 2020 et conservé en stock : sera rejetée par France Travail. Ce rejet bloque mécaniquement l'ouverture des droits du salarié.
Pour vérifier que vous utilisez la version en vigueur :
- Téléchargez le formulaire directement depuis francetravail.fr au moment de chaque rupture de contrat, sans réutiliser un fichier archivé.
- Contrôlez la date de mise à jour mentionnée en bas de page du PDF officiel.
- En cas de doute, privilégiez la saisie en ligne : le module est automatiquement mis à jour par France Travail.
Les mots-clés « attestation employeur vierge PDF France Travail » et « modèle attestation employeur France Travail » renvoient vers la page officielle de téléchargement. Méfiez-vous des modèles circulant sur des sites tiers non officiels.
Erreur courante : ne pas remettre l'attestation au salarié : une faute aux conséquences sérieuses
L'erreur la plus fréquente en pratique consiste à considérer que la transmission à France Travail suffit et que le salarié « se débrouillera » pour obtenir son exemplaire. Cette approche est juridiquement fautive.
L'obligation légale est double : le salarié doit recevoir son attestation. La transmission à France Travail ne libère pas l'employeur de son obligation de remise au salarié. Les deux destinataires ont chacun un droit propre à recevoir le document.
Quand l'employeur n'envoie pas l'attestation : risque prud'homal
La non-remise de l'attestation au salarié engage la responsabilité civile de l'employeur. Nathalie Lailler, avocate spécialiste en droit du travail au barreau de Caen, le rappelle dans un article publié sur Village de la Justice : « La non-remise de l'attestation Pôle emploi cause un préjudice au salarié qui ne peut pas faire valoir ses droits à l'assurance chômage dans des conditions normales ».
La Cour de cassation considère que ce préjudice est inhérent au manquement, sans que le salarié ait à prouver un dommage spécifique. Le préjudice résulte du seul fait de ne pas pouvoir s'inscrire dans les délais ou de subir un retard dans le versement de l'ARE.
Le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes. Le juge évalue souverainement le montant des dommages-intérêts, en fonction de la durée du retard et des conséquences concrètes sur la situation du salarié. Aucun barème fixe n'existe : la condamnation varie selon les circonstances de l'espèce.
La nuance « tenir à disposition » vs « remettre sans délai »
Une subtilité juridique mérite attention. Selon un article de Village de la Justice publié en janvier 2022, « l'employeur n'est pas obligé de vous l'envoyer. Il doit seulement la tenir prête afin que vous puissiez venir la chercher ». Cette formule semble contredire l'obligation de remise « sans délai ».
La distinction est la suivante : l'employeur n'a pas nécessairement l'obligation d'expédier l'attestation par courrier si le salarié ne se manifeste pas. Mais il doit l'avoir préparée et la tenir disponible le jour de la rupture. Si le salarié est présent ce jour-là, la remise en main propre s'impose. Si le salarié est absent (dispense de préavis, arrêt maladie), l'employeur doit a minima l'informer que le document est prêt et peut être retiré ou envoyé.
En pratique, la prudence commande de ne pas se contenter de « tenir à disposition ». Un envoi postal avec accusé de réception, ou une remise en main propre contre signature, sécurise la preuve de la délivrance. La charge de la preuve pèse sur l'employeur en cas de contestation.
Sources
- legifrance.gouv.fr
- francetravail.fr
- unedic.org
- village-justice.com
- village-justice.com
- village-justice.com
- village-justice.com
Fiche pratique
| Articles de loi de référence | Art. L. 1234-19 du Code du travail (obligation de délivrance) ; Art. R. 1234-9 du Code du travail (transmission à France Travail, télétransmission pour les 10 salariés et plus) |
| Délai de remise au salarié | Sans délai : au moment de l'expiration ou de la rupture du contrat (jurisprudence constante de la Cour de cassation) |
| Canaux de transmission à France Travail | Espace personnel francetravail.fr (onglet « Mes échanges et documents ») ; DSN (obligatoire pour 10 salariés et plus) ; Formulaire papier (employeurs de moins de 10 salariés, particuliers employeurs) |
| Modèle accepté | Modèle officiel en vigueur : les attestations issues d'un ancien modèle sont rejetées depuis le 1er juin 2021 (Unédic) |
| Juridiction compétente en cas de litige | Conseil de prud'hommes |
| Contact officiel | France Travail : francetravail.fr ; Unédic : unedic.org |
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Consultez un avocat ou un professionnel du droit pour toute situation concrète.
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Questions fréquentes
Comment envoyer une attestation employeur France Travail ?
L'employeur peut transmettre l'attestation directement depuis son espace personnel sur francetravail.fr, via l'onglet « Mes échanges et documents ». Les entreprises de 10 salariés et plus sont tenues de passer par voie électronique (DSN ou espace employeur). Le salarié doit également recevoir un exemplaire au moment de la fin de son contrat.
Délai pour transmettre attestation employeur a Pôle Emploi ?
Le Code du travail impose une remise « sans délai » au salarié, c'est-à-dire au moment même de l'expiration ou de la rupture du contrat de travail. La Cour de cassation sanctionne tout retard injustifié. La transmission à France Travail (ex Pôle emploi) doit intervenir simultanément.
Comment puis-je télétransmettre l'attestation France Travail à mon employeur ?
En tant que salarié, vous ne transmettez pas l'attestation : c'est l'employeur qui a cette obligation légale. Si vous ne l'avez pas reçue à la fin de votre contrat, vous pouvez relancer votre employeur par écrit et, en cas de refus persistant, saisir le conseil de prud'hommes.
Où envoyer une attestation employeur ?
L'attestation doit être adressée à deux destinataires : le salarié (remise en main propre ou envoi postal) et France Travail (via l'espace employeur en ligne sur francetravail.fr). Depuis le 1er juin 2021, seul le modèle officiel à jour est accepté par France Travail.
Quels sont les risques si l'employeur ne remet pas l'attestation au salarié ?
La non-remise de l'attestation cause un préjudice au salarié, notamment le blocage de l'ouverture de ses droits ARE. La Cour de cassation considère que ce manquement engage la responsabilité de l'employeur, lequel peut être condamné à verser des dommages-intérêts. Le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes.
