Quel est le plafond d'exonération fiscale des indemnités de licenciement ?
Plafond d'exonération fiscale des indemnités de licenciement : montants 2026, calcul des 3 règles, limite 6 PASS et erreurs à éviter.


L'indemnité de licenciement est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du montant le plus élevé entre trois valeurs : l'indemnité légale ou conventionnelle, deux fois la rémunération brute annuelle précédant la rupture, ou 50 % de l'indemnité versée. Ce résultat est lui-même plafonné à six fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, selon l'article 80 duodecies du Code général des impôts. Seule la fraction excédant ce plafond est imposable.
Le plafond d'exonération fiscale pour les indemnités de licenciement repose sur une logique à trois formules alternatives, plafonnée à 6 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. Le salarié retient automatiquement le montant le plus favorable : l'indemnité légale ou conventionnelle, 2 fois sa rémunération brute annuelle, ou 50 % de l'indemnité versée. L'article 80 duodecies du Code général des impôts fixe ces règles, qu'il faut absolument distinguer du plafond social d'exonération des cotisations, fixé à 2 PASS.
Ce qu'il faut retenir
- Le plafond d'exonération fiscale retient automatiquement la formule la plus favorable au salarié
- La limite absolue est de 6 fois le PASS, soit 288 360 € en 2026
- Le plafond social d'exonération des cotisations est distinct : 2 PASS, soit 72 744 €
- La fraction excédant le plafond est imposée au barème progressif, avec option pour le quotient
- Au-delà d'un million d'euros, les indemnités pour préjudice sont imposées intégralement
Le plafond d'exonération fiscale en une phrase
L'indemnité de licenciement est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du montant le plus élevé entre trois repères : l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, 2 fois la rémunération brute annuelle perçue au cours de l'année civile précédant la rupture, ou 50 % de l'indemnité totale versée. Ce cumul de formules est encadré par un plafond absolu de 6 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale.
Concrètement, un salarié licencié après 15 ans d'ancienneté dont l'indemnité légale atteint 18 000 € et dont le salaire brut annuel s'élève à 45 000 € voit s'appliquer la règle des 2 fois la rémunération, soit 90 000 € : l'intégralité de son indemnité échappe alors à l'impôt. La logique de l'article 80 duodecies du Code général des impôts (Légifrance) est de garantir au contribuable le traitement le plus doux, sans jamais lui demander de choisir lui-même la formule.
Ce mécanisme sert de socle à tout raisonnement fiscal sur les indemnités de rupture, mais il ne dit rien du régime social : les cotisations obéissent à une limite distincte, traitée plus bas.
Les trois règles de calcul du plafond d'exonération fiscale
L'article 80 duodecies du CGI retient trois modes de calcul alternatifs. Le salarié bénéficie automatiquement de celui qui dégage le montant exonéré le plus important. Aucune option n'est à exercer : l'administration applique d'office la formule la plus favorable.
Montant de l'indemnité légale ou conventionnelle
Première formule : le montant de l'indemnité légale de licenciement ou de l'indemnité conventionnelle de licenciement, lorsqu'elle est supérieure. L'indemnité légale se calcule selon l'ancienneté et le salaire de référence, à raison d'un quart de mois de salaire par année jusqu'à 10 ans, puis un tiers au-delà. Pour un salarié à 3 000 € bruts mensuels et 12 ans d'ancienneté, l'indemnité légale atteint environ 10 500 €, intégralement exonérée d'impôt sur cette base.
2 fois la rémunération brute annuelle précédant la rupture
Deuxième repère : 2 fois le montant de la rémunération brute annuelle perçue l'année civile précédant la rupture du contrat. Un cadre touchant 60 000 € bruts annuels dispose ainsi d'un plafond d'exonération de 120 000 €. Cette règle profite surtout aux salariés bien rémunérés, pour qui l'indemnité légale plafonnée est souvent inférieure à l'indemnité réellement versée.
50 % de l'indemnité totale versée
Troisième repère : 50 % de l'indemnité totale effectivement perçue au titre de la rupture. Cette branche neutralise les situations où l'indemnité négociée dépasse largement l'indemnité légale. Une indemnité transactionnelle de 80 000 € ouvre ici une exonération de 40 000 €, bien supérieure à ce que donnerait la seule indemnité légale. Le plafond des 6 PASS s'applique néanmoins en dernier ressort.
Le plafond absolu : 6 fois le PASS
Quelle que soit la formule retenue, l'exonération ne peut jamais excéder 6 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. Ce plafond absolu est posé par l'article 80 duodecies du Code général des impôts (Légifrance). Il évite qu'un cadre dirigeant disposant d'une rémunération annuelle très élevée ne fasse exonérer une indemnité disproportionnée par rapport aux standards.
Depuis 2023, le plafond annuel de la Sécurité sociale est fixé à 48 060 €. Le plafond d'exonération fiscale s'établit donc à 288 360 € (6 × 48 060 €). Au-delà, la fraction d'indemnité est soumise à l'impôt sur le revenu au barème progressif. Ce chiffre constitue le mur que même la formule des 2 fois la rémunération ne peut franchir : un salarié rémunéré 200 000 € par an ne peut pas exonérer 400 000 € d'indemnité, il est bloqué à 288 360 €.
Le seuil exact évolue avec la revalorisation annuelle du PASS. Le montant à retenir pour une déclaration dépend de l'année de perception de l'indemnité.
Plafond fiscal vs plafond social : ne pas confondre
L'erreur la plus fréquente consiste à appliquer au régime fiscal le plafond social d'exonération des cotisations. Les deux limites n'ont ni le même objet, ni le même montant, ni la même source. Le plafond fiscal de 6 PASS vise l'impôt sur le revenu ; le plafond social de 2 PASS concerne l'exonération des cotisations de Sécurité sociale. Selon l'Ordre des avocats de Paris, la limite d'exonération des cotisations sociales des indemnités non imposables est fixée à 2 PASS, soit 72 744 €.
Pourquoi les deux plafonds ne se confondent pas
Le régime social obéit à l'article L. 242-1 du Code de la Sécurité sociale et à la législation d'assiette des cotisations, tandis que le régime fiscal relève de l'article 80 duodecies du CGI. Une indemnité peut ainsi être partiellement exonérée d'impôt (jusqu'à 288 360 €) tout en étant soumise aux cotisations au-delà de 72 744 €. Les deux traitements se cumulent sans jamais se substituer l'un à l'autre.
Conséquence d'une erreur de déclaration
Confondre les plafonds conduit à des déclarations fausses : déclarer non imposable une indemnité qui ne l'est que partiellement expose à un redressement fiscal avec intérêts de retard. À l'inverse, déclarer imposable une fraction exonérée aboutit à un surcroît d'impôt injustifié. Pour toute situation complexe, un avocat fiscaliste ou le service des impôts des particuliers reste l'interlocuteur adapté.
Cas pratique : indemnité de 80 000 €
Prenons un cas concret fondé sur les textes. Une salariée cadre justifie de 18 ans d'ancienneté et d'une rémunération brute annuelle de 70 000 €. Son employeur lui verse une indemnité de rupture de 80 000 €, dont l'indemnité légale de licenciement représente 42 000 €.
Les trois repères donnent : indemnité légale = 42 000 € ; 2 fois la rémunération = 140 000 € ; 50 % de l'indemnité = 40 000 €. La valeur la plus élevée est 140 000 €, mais le plafond absolu de 288 360 € n'est pas atteint, donc la référence d'exonération est bien 140 000 €. L'indemnité de 80 000 € étant inférieure à ce seuil, elle est intégralement exonérée d'impôt sur le revenu au titre de l'article 80 duodecies du CGI.
Variante : si la même salariée percevait 350 000 € d'indemnité, l'exonération serait plafonnée à 288 360 €, et la différence de 61 640 € serait imposée au barème progressif. Ce cas illustre la mécanique du plafond absolu, qui n'intervient que pour les indemnités élevées.
Tableau récapitulatif des plafonds d'exonération
Synthèse des limites applicables selon le régime, pour une indemnité de licenciement perçue en 2026.
Quelles indemnités de licenciement sont totalement non imposables ?
Certaines indemnités échappent intégralement à l'impôt sur le revenu, sans application du plafond. C'est le cas des indemnités versées dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) et, sous conditions, des indemnités de licenciement pour motif économique. L'article 80 duodecies du CGI réserve à ces situations une exonération spécifique, distincte des trois formules vues plus haut.
La nuance est capitale : un licenciement économique n'emporte pas exonération totale automatique de toutes les sommes perçues. Seules les indemnités légales, conventionnelles ou prévues par le PSE bénéficient du traitement de faveur, dans les limites fixées par les textes. Les compléments transactionnels versés au-delà restent soumis aux règles ordinaires de plafonnement.
Cas du licenciement économique
En matière de licenciement économique, l'indemnité légale ou conventionnelle et les indemnités du PSE sont exonérées d'impôt. Le montant de l'indemnité de licenciement économique suit les mêmes bases de calcul que l'indemnité légale : ancienneté et salaire de référence. Pour détailler le calcul, consultez le tableau de calcul de l'indemnité de licenciement économique.
La fraction imposable au-delà du plafond : quel traitement ?
La part d'indemnité qui excède le plafond d'exonération est soumise à l'impôt sur le revenu au barème progressif, comme des traitements et salaires. Elle s'ajoute aux autres revenus de l'année de perception. Pour atténuer la progressivité de l'impôt, le contribuable peut demander l'application du système du quotient prévu à l'article 163-0 A du CGI, qui lisse la fraction imposable sur quatre années.
Le quotient n'est pas automatique : il se sollicite lors de la déclaration. Son intérêt dépend du niveau de revenus habituel du salarié. Un complément taxable de 30 000 € sur une année à faible revenu peut alourdir sensiblement la tranche marginale, d'où l'utilité de cet étalement. Pour une vision complète du régime, consultez le guide sur l'indemnité de licenciement imposable.
Indemnités au-delà d'un million d'euros : un régime spécifique
Une règle particulière s'applique aux indemnités perçues au titre du préjudice. Selon Légifrance, les indemnités fixées par le juge ou l'employeur au titre du préjudice sont imposées comme traitements et salaires au-delà d'un million d'euros (articles 79 à 81 quater du CGI). Ce seuil d'un million d'euros neutralise l'exonération dont ces sommes bénéficiaient en deçà.
Il s'agit d'un dispositif distinct du plafond des 6 PASS : il vise les dommages et intérêts, et non l'indemnité de licenciement stricto sensu. Les très hautes rémunérations et les contentieux prud'homaux où des préjudices importants sont alloués sont concernés au premier chef.
Fiche pratique
| Texte de référence | Article 80 duodecies du Code général des impôts |
| Plafond absolu fiscal | 6 PASS, soit 288 360 € |
| Plafond social (cotisations) | 2 PASS, soit 72 744 € |
| Plafond annuel Sécurité sociale (PASS) | 48 060 € |
| Seuil de bascule intégrale | 1 million d'euros (préjudice moral) |
| Juridiction compétente en cas de litige | Tribunal judiciaire ou conseil de prud'hommes selon l'objet, et administration fiscale pour la déclaration |
| Contact officiel | service-public.fr et le service des impôts des particuliers (SIP) |
Sources
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Consultez un avocat ou un professionnel du droit pour toute situation concrète.
Questions fréquentes
Les indemnités de licenciement sont-elles soumises à impôt ?
Par principe oui, mais une fraction est exonérée. L'article 80 duodecies du CGI exonère le montant le plus élevé entre l'indemnité légale ou conventionnelle, 2 fois la rémunération brute annuelle ou 50 % de l'indemnité, dans la limite de 6 PASS.
Quelles sont les indemnités non imposables ?
Les indemnités versées dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) et, sous conditions, celles liées à un licenciement économique bénéficient d'une exonération spécifique selon l'article 80 duodecies du CGI.
Quelles sont les indemnités pour licenciement économique ?
Elles comprennent l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, calculée sur l'ancienneté et le salaire de référence, auxquelles s'ajoutent les indemnités prévues par un éventuel PSE.
Quel est le tableau de calcul des indemnités de licenciement pour inaptitude ?
Le calcul de l'indemnité de licenciement pour inaptitude suit les mêmes règles que l'indemnité légale, fondées sur l'ancienneté et le salaire de référence, sans régime fiscal dérogatoire spécifique aux sources officielles consultées.
