Préavis de licenciement : vos droits et les exceptions à connaître
Le préavis est-il obligatoire en cas de licenciement ? Découvrez les exceptions (faute grave, lourde) et les règles pour calculer votre indemnité

Oui, le préavis est obligatoire pour tout licenciement d'un salarié en CDI (art. L.1234-1 du Code du travail). La durée légale minimale est d'un mois pour une ancienneté de six mois à moins de deux ans, et de deux mois à partir de deux ans. Seules la faute grave et la faute lourde suppriment ce droit au préavis. Une fois le licenciement notifié, l'employeur peut dispenser le salarié d'exécuter le préavis, mais doit alors verser l'indemnité compensatrice de préavis (art. L.1234-5).
Le préavis est obligatoire pour tout licenciement d'un salarié en CDI, sauf en cas de faute grave ou lourde. Ce délai, fixé par le Code du travail, ne peut être supprimé par un accord conclu avant la notification du licenciement. Ni l'employeur ni le salarié ne peuvent y renoncer par avance : c'est une règle d'ordre public. En revanche, une fois le licenciement notifié, l'employeur peut dispenser le salarié d'exécuter le préavis, à condition de lui verser l'indemnité compensatrice correspondante. Voici comment s'articulent durée, dispense, suspension et sanctions en cas de non-respect.
Ce qu'il faut retenir
- Le préavis est obligatoire pour tout licenciement en CDI, sauf faute grave ou lourde (art. L.1234-1 du Code du travail).
- La durée légale est de 1 mois (6 mois à moins de 2 ans d'ancienneté) ou 2 mois (2 ans et plus) ; en dessous de 6 mois, la convention collective s'applique.
- La maladie ordinaire ne suspend pas le préavis : le contrat prend fin à la date initialement prévue, piège fréquent pour les salariés.
- L'employeur qui dispense le salarié d'exécuter le préavis doit verser l'indemnité compensatrice de préavis (art. L.1234-5).
- Le salarié qui refuse d'exécuter son préavis sans dispense peut être condamné à verser une indemnité égale au salaire du préavis non effectué.
Comparatif en un coup d'œil
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| Situation | Préavis obligatoire | Indemnité compensatrice | Indemnité de licenciement | Durée légale minimale |
|---|---|---|---|---|
| Licenciement pour cause réelle et sérieuse | Oui | Oui (si dispense) | Oui | 1 mois (6 mois-2 ans) / 2 mois (≥2 ans) |
| Licenciement pour faute grave | Non | Non | Non | Aucun préavis |
| Licenciement pour faute lourde | Non | Non | Non | Aucun préavis |
| Licenciement pour inaptitude | Oui (sauf dispense) | Oui (si préavis non exécuté) | Oui (double si origine pro) | 1 mois (6 mois-2 ans) / 2 mois (≥2 ans) |
| Licenciement économique avec CSP accepté | Non (rupture anticipée) | Oui (versée par l'employeur à Pôle emploi) | Oui | Préavis interrompu dès l'adhésion CSP |
Pour des informations détaillées sur l'ensemble du processus de rupture, y compris les indemnités et les délais, consultez notre guide sur le licenciement économique procédure indemnités.
Le préavis de licenciement : principe général et obligation légale
La réponse est claire : oui, le préavis est obligatoire pour tout licenciement d'un salarié en contrat à durée indéterminée. L'article L.1234-1 du Code du travail pose ce principe. Le préavis : aussi appelé délai-congé : désigne la période qui court entre la notification du licenciement et la rupture effective du contrat de travail.
Pendant cette période, le contrat se poursuit normalement. Le salarié continue de travailler et perçoit son salaire. Il bénéficie aussi d'un droit spécifique : s'absenter deux heures par jour pour rechercher un emploi, sans perte de rémunération. Ces heures d'absence sont fixées par accord entre l'employeur et le salarié ou, à défaut, alternativement un jour au choix de l'employeur, un jour au choix du salarié.
Ce mécanisme remplit une double fonction. Il protège le salarié en lui laissant le temps de retrouver un emploi tout en restant rémunéré. Il protège également l'employeur en évitant une rupture brutale qui désorganiserait l'activité. Le préavis ne peut pas être écarté par un accord signé avant la notification du licenciement : la Cour de cassation rappelle régulièrement que les parties ne peuvent renoncer au préavis par avance (service-public.fr, 2025).
Définition et rôle du délai-congé
Le délai-congé commence le jour où le salarié reçoit la notification officielle de son licenciement. Plus précisément, le point de départ est la date de première présentation de la lettre recommandée par le facteur : et non la date à laquelle le salarié la retire effectivement à La Poste. Cette distinction a des conséquences pratiques importantes : un salarié qui tarde à retirer son recommandé ne repousse pas le début du préavis.
Le Code du travail prévoit que le salarié peut s'absenter pour recherche d'emploi pendant le préavis. Ces absences sont rémunérées comme du temps de travail effectif. L'employeur peut toutefois renoncer à ce droit de recherche d'emploi en dispensant le salarié d'exécuter le préavis avec paiement de l'indemnité compensatrice.
Le principe : les parties ne peuvent pas renoncer au préavis par avance
Un usage courant mais erroné consiste à croire que l'employeur et le salarié peuvent convenir, dans le contrat de travail, d'une durée de préavis réduite ou supprimée. C'est faux. La règle est d'ordre public : ni le contrat de travail ni un accord individuel ne peuvent supprimer le droit au préavis avant la survenance du licenciement.
La jurisprudence constante confirme que toute renonciation anticipée au préavis est nulle. Une fois le licenciement notifié, en revanche, l'employeur peut décider de dispenser le salarié de l'exécuter : mais cette dispense est alors une décision unilatérale de l'employeur, postérieure à la rupture, qui ouvre droit à l'indemnité compensatrice de préavis.
Durée du préavis licenciement CDI : ce que dit le Code du travail
La durée du préavis de licenciement est encadrée par l'article L.1234-1 du Code du travail. Elle varie selon l'ancienneté du salarié dans l'entreprise, calculée à la date de notification du licenciement.
Deux paliers légaux existent. Pour les salariés justifiant d'une ancienneté comprise entre six mois et moins de deux ans, la durée minimale est d'un mois. À partir de deux ans d'ancienneté, cette durée passe à deux mois. En dessous de six mois, le Code du travail ne fixe aucune durée : c'est la convention collective applicable ou, à défaut, les usages de la profession qui déterminent la durée du préavis.
Ces durées sont des minima légaux. Rien n'interdit à une convention collective, à un accord de branche ou au contrat de travail de prévoir un préavis plus long, ce qui est plus favorable au salarié. Le principe de faveur s'applique : la disposition la plus avantageuse pour le salarié prime. Pour un aperçu complet des règles de durée applicables aux cadres, consultez notre guide sur la durée du préavis pour un cadre en 2026.
Tableau : durée légale selon l'ancienneté du salarié
Le tableau ci-dessous synthétise les durées légales applicables. Les durées mentionnées sont celles du Code du travail ; votre convention collective peut prévoir une durée supérieure.
| Ancienneté du salarié | Durée légale du préavis | Observations |
|---|---|---|
| Moins de 6 mois | Aucune durée légale | Convention collective ou usage applicable |
| 6 mois à moins de 2 ans | 1 mois | Minimum légal impératif |
| 2 ans et plus | 2 mois | Minimum légal impératif |
La convention collective peut également prévoir des durées progressives par tranches d'ancienneté plus fines (par exemple, 3 mois après 5 ans, 4 mois après 10 ans). Il est indispensable de vérifier la convention applicable à votre entreprise.
Convention collective et contrat de travail : quelle durée s'applique ?
La hiérarchie des normes est simple : le contrat de travail ne peut pas déroger à la convention collective dans un sens défavorable au salarié. Si votre convention collective prévoit un préavis de 3 mois pour les cadres ayant plus de 3 ans d'ancienneté, cette durée s'applique : elle est plus favorable que les 2 mois légaux. Pour approfondir, notre article sur la durée et calcul du préavis pour licenciement cause réelle et sérieuse détaille ces articulations.
Les conventions collectives les plus courantes prévoient souvent des durées majorées pour les cadres et agents de maîtrise. La convention SYNTEC, par exemple, fixe un préavis de 3 mois pour les cadres. Ce n'est pas une règle universelle : seule la lecture de la convention applicable à votre entreprise permet de connaître la durée exacte.
Point de départ du préavis : la date de première présentation de la lettre de licenciement
Le point de départ du délai-congé est régi par une règle précise, souvent mal comprise. Le préavis débute à la date de première présentation de la lettre recommandée notifiant le licenciement (code.travail.gouv.fr, 2024). Cette date figure sur l'avis de passage déposé par le facteur ou sur le suivi en ligne du recommandé.
La date de retrait effectif du courrier par le salarié est sans incidence. Un salarié qui attend une semaine avant d'aller chercher son recommandé ne gagne pas une semaine de préavis supplémentaire : le délai a déjà commencé à courir. Ce principe vaut également pour la notification par remise en main propre contre décharge : le préavis démarre le jour de la signature. L'erreur classique consiste à confondre date d'envoi, date de présentation et date de retrait. Seule la première présentation compte.
Préavis licenciement faute grave ou lourde : l'exception majeure
L'article L.1234-1, alinéa 1er, du Code du travail prévoit une exception capitale au principe du préavis obligatoire : la faute grave et la faute lourde privent le salarié de son droit au préavis. Cette suppression est automatique : dès lors que l'employeur qualifie le licenciement de faute grave ou lourde et que cette qualification est fondée, le contrat prend fin immédiatement, sans délai-congé.
Cette distinction entre faute simple, faute grave et faute lourde est essentielle car elle emporte des conséquences financières massives. Le salarié licencié pour faute grave perd à la fois le droit au préavis et l'indemnité légale de licenciement. En revanche, il conserve son droit à l'indemnité compensatrice de congés payés pour les jours acquis non pris. Pour bien comprendre la procédure de licenciement pour faute grave, lisez notre guide complet sur le licenciement pour faute grave : procédure et conséquences.
Faute simple : le préavis reste dû
La faute simple : comportement fautif du salarié qui ne rend pas impossible son maintien dans l'entreprise pendant le préavis : ne supprime pas le délai-congé. Le salarié conserve son droit au préavis et à l'indemnité légale de licenciement. Il peut être dispensé de l'exécuter par l'employeur, auquel cas il perçoit l'indemnité compensatrice.
En pratique, la frontière entre faute simple et faute grave est parfois ténue. La qualification relève de l'appréciation souveraine des juges prud'homaux. Un employeur qui qualifie trop vite un comportement de faute grave s'expose à un rappel de salaire au titre du préavis, majoré des congés payés afférents, ainsi qu'au paiement de l'indemnité de licenciement.
Faute grave ou lourde : ni préavis ni indemnité compensatrice
La faute grave se définit comme un fait ou un ensemble de faits imputables au salarié qui rendent impossible son maintien dans l'entreprise, même pendant la durée limitée du préavis. La faute lourde ajoute à cette gravité l'intention de nuire à l'employeur. Dans ces deux hypothèses, selon une jurisprudence établie de la Cour de cassation, le préavis est supprimé.
Concrètement, la lettre de licenciement pour faute grave fixe la date de rupture au jour de son envoi ou de sa première présentation, sans aucun délai supplémentaire. Le salarié ne perçoit ni salaire pendant un préavis qu'il n'effectue pas, ni indemnité compensatrice de préavis, ni indemnité légale de licenciement. Il conserve uniquement l'indemnité compensatrice de congés payés et, le cas échéant, une indemnité conventionnelle si la convention collective ne l'exclut pas expressément.
Dispense d'exécution du préavis : qui décide et quelles conséquences ?
La dispense d'exécution du préavis intervient après la notification du licenciement. Elle ne remet pas en cause l'existence du droit au préavis : elle en modifie uniquement les modalités d'exécution. Deux cas de figure existent, aux conséquences juridiques et financières très différentes.
L'initiative appartient principalement à l'employeur. C'est lui qui, dans la lettre de licenciement ou par un document postérieur, peut décider de dispenser le salarié d'effectuer le préavis. Cette dispense est un droit pour l'employeur, pas une obligation : rien ne l'oblige à en faire usage. Lorsqu'il l'accorde, il doit verser au salarié l'indemnité compensatrice de préavis (ICP), prévue par l'article L.1234-5 du Code du travail. Cette indemnité correspond au salaire brut que le salarié aurait perçu s'il avait travaillé pendant toute la durée du préavis.
Le salarié, de son côté, peut également solliciter une dispense. Mais contrairement à l'employeur, il ne peut pas l'imposer. Si l'employeur refuse, le salarié doit exécuter son préavis. Un départ anticipé sans accord expose le salarié à des conséquences financières significatives, détaillées plus bas dans la section sur les risques du non-respect.
Dispense à l'initiative de l'employeur : l'indemnité compensatrice reste due
Lorsque l'employeur dispense le salarié d'exécuter le préavis, le contrat de travail prend fin immédiatement. Le salarié quitte l'entreprise sans effectuer le délai-congé : mais il perçoit l'intégralité de la rémunération qu'il aurait touchée s'il était resté. L'indemnité compensatrice de préavis inclut le salaire de base ainsi que tous les éléments de rémunération que le salarié aurait perçus pendant le préavis : primes contractuelles, avantages en nature, heures supplémentaires structurelles.
Cette ICP est soumise aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu dans les conditions de droit commun. Le salarié dispensé de préavis peut immédiatement commencer un nouvel emploi, sans avoir à respecter de délai de carence spécifique lié au préavis. Pour une comparaison avec la rupture conventionnelle, consultez notre article sur la rupture conventionnelle et préavis : ce que dit la loi.
Dispense à l'initiative du salarié : attention aux conséquences
Un salarié peut demander à être dispensé d'effectuer son préavis, par exemple parce qu'il a trouvé un autre emploi. L'employeur n'est jamais tenu d'accepter. S'il refuse, le salarié doit exécuter le préavis jusqu'à son terme. S'il accepte, la dispense prend la forme d'un accord entre les parties : le contrat est rompu au jour convenu, sans versement de l'indemnité compensatrice pour la période non travaillée.
L'erreur courante consiste à confondre cette dispense accordée gracieusement par l'employeur avec un droit du salarié. Ce n'en est pas un. Le salarié qui cesse de se présenter au travail sous prétexte qu'il a demandé une dispense, sans avoir obtenu l'accord écrit de l'employeur, commet un abandon de poste qui peut justifier un licenciement pour faute grave.
Suspension et interruption du préavis : les cas autorisés
Le préavis peut, dans certaines situations limitativement énumérées par la loi ou la jurisprudence, être suspendu. La suspension signifie que le compteur du préavis s'arrête temporairement et reprend son cours lorsque l'événement suspensif cesse. La date de rupture du contrat est alors repoussée d'autant.
Quatre cas de suspension légale sont admis : l'accident du travail, la maladie professionnelle, la prise de congés payés acceptée par l'employeur, et les dispositions conventionnelles expresses. À l'inverse, un cas majeur est exclu : la maladie ordinaire ne suspend pas le préavis. C'est probablement le piège le plus fréquent en droit du licenciement. Un salarié en arrêt maladie pour une grippe ou une opération programmée voit son préavis continuer de courir. Son contrat prend fin à la date qui était prévue initialement, qu'il soit encore malade ou non.
Les conséquences pratiques sont importantes. Le salarié peut croire que son contrat est prolongé du fait de son arrêt maladie et rater le délai de 12 mois pour contester son licenciement devant le conseil de prud'hommes (art. L.1471-1 du Code du travail). L'employeur, de son côté, n'a pas à maintenir le salaire au-delà de la date de fin du préavis : sauf si la convention collective ou un accord prévoit une garantie de salaire en cas de maladie qui couvre la période postérieure.
La maladie ordinaire ne suspend pas le préavis : piège fréquent et conséquences
Le principe est constant en jurisprudence : un arrêt de travail pour maladie non professionnelle ne suspend pas le cours du préavis. Le salarié en arrêt maladie continue d'être rémunéré dans les conditions prévues par la convention collective (maintien de salaire employeur et indemnités journalières de la Sécurité sociale), mais la date de fin du contrat reste inchangée.
L'impact est double. Pour le salarié, la fin du préavis marque la fin de la période pendant laquelle il peut contester le motif de son licenciement (prescription de 12 mois à compter de la notification). Pour l'employeur, la fin du préavis libère le poste et permet un recrutement définitif. Les deux parties ont intérêt à noter précisément la date de première présentation de la lettre recommandée et à calculer la date de fin effective du contrat : indépendamment de tout arrêt maladie intercurrent.
Licenciement économique et préavis : règles spécifiques et CSP
Le licenciement pour motif économique obéit aux mêmes règles de durée de préavis que tout autre licenciement (art. L.1234-1). La spécificité réside dans l'articulation avec le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP), proposé au salarié dans les entreprises de moins de 1 000 salariés ou en redressement/liquidation judiciaire.
Le CSP permet au salarié de bénéficier d'un accompagnement renforcé vers l'emploi. S'il l'accepte (il dispose de 21 jours pour répondre), son contrat de travail est rompu avant la fin du préavis. La date de rupture est fixée au lendemain de la fin du délai de réflexion. Pour un panorama complet de ces règles, lisez notre guide sur les règles du préavis en cas de licenciement économique.
CSP et préavis : que se passe-t-il si le salarié accepte ?
L'acceptation du CSP par le salarié entraîne une rupture anticipée du contrat. Le préavis n'est pas exécuté jusqu'à son terme. La période correspondant au préavis non effectué : dans la limite de ce qui reste à courir à la date de rupture : donne lieu au versement d'une somme par l'employeur à Pôle emploi. Cette somme équivaut à l'indemnité compensatrice de préavis que l'employeur aurait versée au salarié si celui-ci avait été dispensé d'effectuer le préavis.
Concrètement, le salarié ne perçoit pas directement cette indemnité : elle est affectée au financement de son allocation de sécurisation professionnelle (ASP), qui s'élève à 75 % du salaire journalier de référence pendant la durée du CSP (jusqu'à 12 mois). Le mécanisme est donc différent de la dispense classique de préavis, mais le principe de compensation financière est maintenu.
Cas pratique chiffré : calcul de l'indemnité compensatrice de préavis
L'indemnité compensatrice de préavis n'est pas un montant forfaitaire. Elle se calcule en multipliant la durée du préavis (exprimée en mois) par le salaire mensuel brut de référence du salarié. Ce salaire de référence inclut le salaire de base mais aussi les primes contractuelles, avantages en nature et heures supplémentaires régulières : bref, tout ce que le salarié aurait perçu en travaillant normalement pendant la durée du préavis.
Les deux scénarios ci-dessous illustrent le calcul de l'ICP dans des configurations courantes. Les montants sont indicatifs : la convention collective applicable à votre entreprise peut prévoir une durée de préavis supérieure, ce qui augmenterait mécaniquement le montant de l'ICP.
Scénario 1 : salarié non-cadre avec 4 ans d'ancienneté
Prenons le cas d'un salarié non-cadre comptant 4 ans d'ancienneté dans une entreprise de services. Son salaire brut mensuel de référence est de 2 500 €, incluant une prime contractuelle mensuelle de 150 €. L'employeur le licencie pour cause réelle et sérieuse et lui notifie une dispense d'exécution du préavis.
L'ancienneté est de 4 ans, donc supérieure à 2 ans : la durée légale du préavis est de 2 mois (art. L.1234-1). L'ICP brute est égale à 2 500 € × 2 = 5 000 € bruts. Sur cette somme, le salarié subira les cotisations sociales (environ 22 % pour un non-cadre), soit un net avant impôt d'environ 3 900 €. L'ICP est également soumise à l'impôt sur le revenu l'année de son versement.
Scénario 2 : cadre, durée conventionnelle de 3 mois
Prenons maintenant un cadre, 7 ans d'ancienneté, salaire brut mensuel de référence de 4 800 €, relevant de la convention collective SYNTEC. Cette convention prévoit un préavis de 3 mois pour les cadres, plus favorable que les 2 mois légaux. L'employeur le licencie pour insuffisance professionnelle et le dispense d'exécuter le préavis.
L'ICP brute s'élève à 4 800 € × 3 = 14 400 € bruts. Après cotisations sociales (environ 25 % pour un cadre), le net avant impôt atteint environ 10 800 €. Ce montant, bien que substantiel, correspond strictement à ce que le cadre aurait gagné en travaillant pendant ces 3 mois. Il est cumulable avec l'indemnité légale de licenciement. Pour les spécificités applicables aux cadres, notre guide sur la durée du préavis pour un cadre en 2026 fournit un éclairage complet.
Non-respect du préavis : risques pour le salarié et pour l'employeur
Le préavis est une obligation réciproque. Sa violation par l'une ou l'autre des parties expose son auteur à des sanctions financières, que le Code du travail et la jurisprudence encadrent précisément.
Le principe est simple, tel que rappelé par le site code.travail.gouv.fr (2024) : la partie qui ne respecte pas le préavis doit à l'autre une indemnité égale au montant du salaire correspondant à la durée du préavis non exécuté. Cette obligation pèse aussi bien sur l'employeur que sur le salarié, mais les modalités de mise en œuvre diffèrent.
Le salarié ne part pas sans effectuer son préavis : risque financier réel
Un salarié qui abandonne son poste avant la fin du préavis, sans dispense écrite de l'employeur, engage sa responsabilité. Il peut être condamné par le conseil de prud'hommes à verser à son ancien employeur une indemnité correspondant au salaire brut qu'il aurait dû percevoir pendant la période de préavis non travaillée.
Ce risque n'est pas théorique, mais les employeurs ne saisissent pas systématiquement les prud'hommes pour le faire valoir. L'action n'est rentable que si le départ anticipé cause un préjudice réel : poste stratégique non pourvu, désorganisation de l'activité, surcoût de remplacement en urgence. Le salarié qui souhaite partir avant la fin de son préavis a tout intérêt à négocier une dispense écrite avec son employeur plutôt que de s'exposer à un contentieux.
L'employeur qui refuse le préavis sans indemnité : recours prud'homal
À l'inverse, l'employeur qui impose au salarié de quitter l'entreprise immédiatement, sans lui verser l'indemnité compensatrice de préavis, viole l'article L.1234-5 du Code du travail. Le salarié dispose d'un recours devant le conseil de prud'hommes pour obtenir le paiement de cette indemnité, majorée des congés payés afférents.
La prescription de l'action en paiement de l'ICP est de 3 ans (art. L.3245-1 du Code du travail, s'agissant d'une créance de nature salariale), à compter de la date d'exigibilité de la somme. Ce délai est distinct de la prescription de 12 mois applicable à la contestation du licenciement lui-même. Un salarié peut parfaitement renoncer à contester son licenciement tout en réclamant le paiement de l'ICP dans le délai de 3 ans.
Fiche pratique
| Articles de loi applicables | Art. L.1234-1 (durée et principe du préavis), Art. L.1234-5 (indemnité compensatrice de préavis), Art. L.1233-65 à L.1233-70 (CSP et préavis) |
| Durée légale du préavis (art. L.1234-1) | 1 mois (ancienneté 6 mois à < 2 ans) : 2 mois (ancienneté ≥ 2 ans). En dessous de 6 mois : convention collective ou usage. |
| Point de départ du préavis | Date de première présentation de la lettre recommandée notifiant le licenciement (pas la date de retrait effectif) |
| Préavis supprimé sans indemnité | Faute grave, faute lourde (art. L.1234-1 al. 1). Dans ces cas, l'indemnité légale de licenciement est également supprimée. |
| Suspension légale du préavis | Accident du travail, maladie professionnelle, congés payés acceptés par l'employeur, dispositions conventionnelles. Maladie ordinaire : ne suspend PAS le préavis. |
| Indemnité compensatrice de préavis (ICP) | Égale au salaire brut que le salarié aurait perçu s'il avait travaillé pendant le préavis (salaire de base + primes + avantages). Soumise à cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu. |
| Juridiction compétente en cas de litige | Conseil de prud'hommes (section encadrement pour les cadres, section industrie ou commerce pour les non-cadres selon l'activité) |
| Prescription de l'action | 12 mois à compter de la notification du licenciement (art. L.1471-1 du Code du travail) pour contester la rupture elle-même. |
| Contact officiel | Service-public.fr : Fiche « Préavis de licenciement d'un salarié » (vosdroits F2553) |
Sources
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Consultez un avocat ou un professionnel du droit pour toute situation concrète.
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Questions fréquentes
Est-il possible de ne pas faire le préavis ?
Oui, dans deux situations : lorsque l'employeur dispense expressément le salarié d'exécuter le préavis (il verse alors l'indemnité compensatrice de préavis, art. L.1234-5 du Code du travail), ou en cas de licenciement pour faute grave ou lourde qui supprime le droit au préavis (art. L.1234-1 al. 1). Le salarié ne peut pas décider unilatéralement de ne pas l'effectuer sans risquer de devoir une indemnité à l'employeur.
Est-ce que le 2 semaines de préavis est obligatoire ?
Le préavis de deux semaines n'existe pas dans le Code du travail français pour le licenciement. La durée légale minimale est d'un mois pour une ancienneté de six mois à moins de deux ans, et de deux mois à partir de deux ans d'ancienneté (art. L.1234-1). Certaines conventions collectives peuvent prévoir des durées plus courtes : mais toujours dans le respect des minima légaux, qui priment.
Quelle est la durée du préavis à respecter en cas de licenciement ?
La durée légale dépend de l'ancienneté : un mois si le salarié justifie de six mois à moins de deux ans d'ancienneté, deux mois à partir de deux ans (art. L.1234-1 du Code du travail). En dessous de six mois, c'est la convention collective ou les usages qui fixent la durée. La convention collective applicable peut toujours prévoir une durée plus longue, plus favorable au salarié.
Quel risque si je n'effectue pas mon préavis ?
Le salarié qui refuse d'exécuter son préavis sans dispense de l'employeur s'expose à devoir verser à ce dernier une indemnité égale au montant du salaire correspondant à la durée du préavis non effectué. L'employeur peut saisir le conseil de prud'hommes pour obtenir cette somme. En pratique, cette action est rare sauf si l'absence de préavis cause un préjudice démontrable à l'entreprise.
