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Licenciement économique : procédure et indemnités 2026

Licenciement économique procédure indemnités : motifs légaux, étapes obligatoires, calcul de l'indemnité légale et droits du salarié en CDI. Guide sourcé 2026.

Par La rédaction 10 min de lecture
Licenciement économique : procédure et indemnités 2026

Le licenciement économique procédure indemnités est un terrain balisé de toutes parts par le Code du travail : l'employeur doit suivre des étapes précises et verser plusieurs indemnités obligatoires au salarié qu'il licencie pour motif économique. Concrètement, tout salarié en CDI avec au moins 8 mois d'ancienneté a droit à une indemnité légale de licenciement, à une indemnité compensatrice de préavis s'il est dispensé de l'effectuer, et parfois à des indemnités supralégales prévues par accord collectif. La moindre irrégularité de procédure, ou l'absence de cause réelle et sérieuse, expose l'employeur à des condamnations devant le Conseil de prud'hommes. Ce guide passe en revue les conditions du motif économique, le déroulé de la procédure, le calcul des indemnités et les droits spécifiques selon l'ancienneté : en particulier le maintien de salaire pendant le congé de reclassement.

Ce qu'il faut retenir

  • Le licenciement économique repose sur un motif non inhérent à la personne du salarié : difficultés économiques, mutations technologiques, réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité ou cessation d'activité (art. L. 1233-3 du Code du travail).
  • L'indemnité légale de licenciement ne peut être inférieure à 1/4 de mois de salaire brut par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 au-delà (art. R. 1234-2 du Code du travail).
  • Les indemnités versées en 2026 bénéficient d'une exonération d'impôt sur le revenu plafonnée à 288 360 € selon service-public.gouv.fr.
  • Le salarié licencié économique dispose d'une priorité de réembauche pendant 1 an à compter de la date de rupture du contrat s'il en fait la demande.
  • Toute contestation du licenciement économique doit être portée devant le Conseil de prud'hommes dans un délai de 12 mois suivant la notification du licenciement (art. L. 1235-7 du Code du travail).

Qu'est-ce qu'un licenciement économique : définition légale

Le licenciement pour motif économique est défini à l'article L. 1233-3 du Code du travail (mis à jour au 6 janvier 2026 sur Legifrance). Il s'agit de tout licenciement prononcé pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié.

Quatre motifs sont reconnus :

  • Difficultés économiques : baisse significative des commandes ou du chiffre d'affaires, pertes d'exploitation, dégradation de la trésorerie ou de l'excédent brut d'exploitation.
  • Mutations technologiques : transformation profonde des méthodes de travail ou de production rendant certains postes obsolètes.
  • Réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité : anticipation de difficultés économiques sérieuses et prévisibles, admise par la Cour de cassation depuis l'arrêt Vidéocolor (Cass. soc., 5 avril 1995).
  • Cessation d'activité : fermeture totale et définitive de l'entreprise, sauf faute de l'employeur.

Mais reconnaître un motif valable ne suffit pas. L'employeur doit aussi démontrer qu'il a recherché des solutions de reclassement en interne avant d'engager la procédure. Sans cela, le licenciement est dépourvu de cause réelle et sérieuse. Et la suppression, la transformation de poste ou la modification refusée d'un élément essentiel du contrat doit découler directement du motif économique invoqué : pas l'inverse.

Les étapes de la procédure de licenciement économique

La procédure varie selon le nombre de salariés concernés et l'effectif de l'entreprise. Deux grandes configurations existent.

Licenciement économique individuel ou de moins de 10 salariés sur 30 jours :

  • Convocation à entretien préalable : l'employeur adresse une lettre recommandée avec accusé de réception (ou remise en main propre) au moins 5 jours ouvrables avant l'entretien.
  • Entretien préalable : l'employeur expose les motifs, recueille les explications du salarié et lui présente les mesures de reclassement envisagées.
  • Notification du licenciement : par LRAR, au plus tôt 7 jours ouvrables après l'entretien (15 jours pour un cadre). La lettre doit mentionner précisément le ou les motifs économiques, ainsi que la priorité de réembauche.

Licenciement économique collectif de 10 salariés et plus sur 30 jours (PSE obligatoire dans les entreprises de 50 salariés et plus) :

  • Information-consultation du Comité Social et Économique (CSE), avec deux réunions au minimum.
  • Élaboration d'un Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) validé ou homologué par la DREETS.
  • Notification individuelle à chaque salarié après la procédure collective.

Omettre une étape ou rater un délai : c'est une irrégularité de procédure, qui ouvre droit à une indemnité distincte. En cas de litige, le Conseil de prud'hommes est compétent. Tout recours contestant la validité du PSE ou la procédure collective doit être formé dans un délai de 12 mois suivant la notification du licenciement (art. L. 1235-7 du Code du travail).

Calcul de l'indemnité légale de licenciement économique

Le salarié licencié pour motif économique perçoit une indemnité légale de licenciement dès lors qu'il justifie d'au moins 8 mois d'ancienneté ininterrompus dans l'entreprise (art. L. 1234-9 du Code du travail). L'article R. 1234-2 fixe le barème légal minimal :

  • 1/4 de mois de salaire brut par année d'ancienneté pour les 10 premières années.
  • 1/3 de mois de salaire brut par année d'ancienneté à partir de la 11ᵉ année.

Le salaire de référence retenu est le plus favorable entre la moyenne des 3 derniers mois (primes incluses) et la moyenne des 12 derniers mois de salaire brut.

Un exemple concret : un salarié avec 15 ans d'ancienneté et un salaire de référence de 3 000 € bruts touche : (3 000 × 1/4 × 10) + (3 000 × 1/3 × 5) = 7 500 + 5 000 = 12 500 € d'indemnité légale minimale.

Un accord collectif, une convention collective ou le contrat de travail peut prévoir une indemnité supralégale plus avantageuse. Selon Legifrance (art. L. 1237-19 et suivants), les salariés concernés par un PSE peuvent aussi bénéficier d'indemnités supra-légales négociées dans l'accord collectif majoritaire.

Ces indemnités sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite de 288 360 € pour les sommes versées en 2026 (source : service-public.gouv.fr). Au-delà, la fraction excédentaire est soumise à l'impôt.

Préavis, indemnité compensatrice et autres sommes versées à la fin du contrat

À la date de fin du contrat, plusieurs sommes distinctes sont dues par l'employeur (source : entreprendre.service-public.gouv.fr).

Le préavis de licenciement : sa durée est fixée par la loi, la convention collective ou le contrat, selon ce qui est le plus favorable au salarié. L'employeur peut dispenser le salarié d'effectuer son préavis. Dans ce cas, le salarié ne travaille pas mais perçoit une indemnité compensatrice de préavis égale à la rémunération qu'il aurait touchée s'il avait travaillé jusqu'au bout (art. L. 1234-5 du Code du travail, source : service-public.gouv.fr).

Les autres sommes dues à la rupture :

  • Indemnité compensatrice de congés payés : si des jours de congés restent non pris à la date de fin du contrat.
  • Solde de tout compte : document récapitulatif de l'ensemble des sommes versées.
  • Attestation France Travail (ex-Pôle Emploi) et certificat de travail : remis obligatoirement.

Le salarié dispensé de préavis conserve le droit d'exercer une autre activité professionnelle pendant la période de préavis payée. Aucune clause du contrat ne peut y faire obstacle pour un salarié licencié pour motif économique. Et si l'employeur ne verse pas l'indemnité compensatrice de préavis dans les délais, il s'expose à des dommages-intérêts devant le Conseil de prud'hommes.

Congé de reclassement et maintien de salaire : droits spécifiques au licenciement économique

Dans les entreprises d'au moins 1 000 salariés (ou appartenant à un groupe de cette taille), l'employeur doit proposer un congé de reclassement au salarié licencié pour motif économique (art. L. 1233-71 du Code du travail). Ce dispositif lui permet de suivre des actions de formation, un bilan de compétences et un accompagnement par une cellule dédiée.

Durant ce congé, le salarié perçoit une allocation mensuelle d'au moins 65 % de sa rémunération brute moyenne des 12 derniers mois précédant la notification, sans pouvoir descendre en dessous de 85 % du SMIC brut (source : service-public.gouv.fr, art. D. 1233-26 du Code du travail). Ce maintien de salaire s'applique pendant toute la durée du congé, qui peut atteindre 12 mois.

Dans les entreprises de moins de 1 000 salariés, c'est le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) qui prend le relais. L'employeur est tenu de le proposer à chaque salarié licencié pour motif économique. Si le salarié l'accepte, son contrat de travail est rompu d'un commun accord à l'issue d'un délai de réflexion de 21 jours calendaires. Il bénéficie alors d'un accompagnement renforcé par France Travail et d'une allocation de sécurisation professionnelle.

Ces deux dispositifs sont cumulables avec la priorité de réembauche et ne se substituent pas aux indemnités légales de licenciement.

Priorité de réembauche et droits après le licenciement économique

Le salarié licencié pour motif économique bénéficie d'une priorité de réembauche pendant 1 an à compter de la rupture effective du contrat, à condition d'en faire la demande à l'employeur (art. L. 1233-45 du Code du travail, source : entreprendre.service-public.gouv.fr). Cette demande peut figurer dans la lettre de licenciement ou être adressée par courrier séparé.

Si un poste correspondant aux qualifications du salarié se libère dans l'entreprise durant cette période, l'employeur doit le lui proposer en priorité. Un refus injustifié de sa part constitue une faute ouvrant droit à des dommages-intérêts.

Autre point important : le salarié licencié pour motif économique peut ouvrir des droits à l'allocation chômage (ARE) versée par France Travail, sous réserve de remplir les conditions d'affiliation (au moins 6 mois travaillés sur les 24 derniers mois). Le montant de l'ARE dépend du salaire journalier de référence calculé par France Travail.

Les indemnités de licenciement versées en 2026 sont exonérées de cotisations sociales dans la limite de 288 360 € (source : service-public.gouv.fr). Au-delà, les sommes sont soumises aux cotisations et contributions sociales habituelles. Pour toute question sur l'assiette de calcul ou la fiscalité de l'indemnité, consulter un avocat spécialisé en droit du travail reste la meilleure option.

Simulateur et tableau de l'indemnité selon l'ancienneté

L'article R. 1234-2 du Code du travail permet de construire un tableau indicatif des indemnités légales minimales selon l'ancienneté, pour un salarié avec un salaire de référence de 2 500 € bruts par mois :

  • 2 ans d'ancienneté : 2 500 × 1/4 × 2 = 1 250 €
  • 5 ans d'ancienneté : 2 500 × 1/4 × 5 = 3 125 €
  • 10 ans d'ancienneté : 2 500 × 1/4 × 10 = 6 250 €
  • 15 ans d'ancienneté : (2 500 × 1/4 × 10) + (2 500 × 1/3 × 5) = 6 250 + 4 167 = 10 417 €
  • 20 ans d'ancienneté : (2 500 × 1/4 × 10) + (2 500 × 1/3 × 10) = 6 250 + 8 333 = 14 583 €

Ces montants constituent le plancher légal. La convention collective applicable ou un accord d'entreprise peut prévoir des indemnités supralégales plus favorables. Le simulateur officiel est disponible sur code.travail.gouv.fr.

Pour les salariés de plus de 55 ans, certaines conventions collectives prévoient une majoration spécifique ou un coefficient multiplicateur d'ancienneté (la pratique montre que ces dispositions varient considérablement d'une branche à l'autre). Vérifier la convention collective applicable, identifiable sur la fiche de paie via le code IDCC, s'impose avant tout calcul définitif.

À noter : l'indemnité légale de licenciement est calculée sur les années d'ancienneté complètes et les fractions d'année, proportionnellement.

Fiche pratique

Texte de référence principalArt. L. 1233-3 du Code du travail (définition du motif économique)
Indemnité légale (1-10 ans)1/4 de mois de salaire brut par année d'ancienneté (art. R. 1234-2)
Indemnité légale (à partir de 11 ans)1/3 de mois de salaire brut par année d'ancienneté (art. R. 1234-2)
Ancienneté minimale pour indemnité8 mois ininterrompus (art. L. 1234-9)
Délai de convocation à l'entretien préalable5 jours ouvrables minimum avant l'entretien
Délai de notification après entretien (non-cadre)7 jours ouvrables minimum
Délai de notification après entretien (cadre)15 jours ouvrables minimum
Plafond d'exonération fiscale 2026288 360 € (source : service-public.gouv.fr)
Allocation congé de reclassement65 % de la rémunération brute moyenne des 12 derniers mois minimum
Durée maximale du congé de reclassement12 mois
Délai de réflexion pour le CSP21 jours calendaires
Priorité de réembauche1 an à compter de la date de rupture du contrat (art. L. 1233-45)
Délai de contestation aux prud'hommes12 mois suivant la notification du licenciement (art. L. 1235-7)
Juridiction compétenteConseil de prud'hommes (contestation individuelle) ou Tribunal administratif (contestation du PSE)
Simulateur officielcode.travail.gouv.fr
Sources officielleslegifrance.gouv.fr, service-public.gouv.fr, entreprendre.service-public.gouv.fr

Sources

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Consultez un avocat ou un professionnel du droit pour toute situation concrète.

Questions fréquentes

Comment se passe un licenciement économique et quelles indemnités le salarié perçoit-il ?

L'employeur convoque le salarié à un entretien préalable, lui notifie le licenciement par LRAR après un délai légal, puis verse à la fin du contrat l'indemnité légale de licenciement (au moins 1/4 de mois par année d'ancienneté pour les 10 premières années), l'indemnité compensatrice de préavis si le salarié est dispensé de l'effectuer, et l'indemnité compensatrice de congés payés. Pour prétendre à l'indemnité légale, le salarié doit justifier d'au moins 8 mois d'ancienneté (art. L. 1234-9 du Code du travail).

Quelles sont les étapes d'un licenciement économique individuel ?

Trois étapes structurent la procédure : (1) convocation à l'entretien préalable par LRAR, avec un délai d'au moins 5 jours ouvrables ; (2) entretien préalable, au cours duquel l'employeur présente les motifs économiques et les possibilités de reclassement ; (3) notification du licenciement par LRAR au plus tôt 7 jours ouvrables après l'entretien (15 jours pour un cadre), la lettre devant mentionner expressément le motif économique et la priorité de réembauche (art. L. 1233-15 et L. 1233-16 du Code du travail).

Quelles sont les règles d'indemnisation pour un licenciement économique ?

Le salarié en CDI ayant au moins 8 mois d'ancienneté perçoit une indemnité légale calculée sur la base de 1/4 de mois de salaire brut par an pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois au-delà (art. R. 1234-2 du Code du travail). Cette indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite de 288 360 € pour les indemnités versées en 2026 (source : service-public.gouv.fr). Des indemnités supralégales peuvent s'y ajouter si la convention collective ou un accord d'entreprise le prévoit.

Qui paye les indemnités en cas de licenciement économique ?

L'indemnité légale de licenciement, l'indemnité compensatrice de préavis et l'indemnité de congés payés sont toutes à la charge de l'employeur, versées à la date de fin du contrat. En cas de défaillance de l'employeur (redressement ou liquidation judiciaire), l'AGS (Association pour la gestion du régime de Garantie des créances des Salariés) prend en charge ces sommes dans les limites légales.

Quelle est la durée du congé de reclassement et quel salaire le salarié perçoit-il ?

Dans les entreprises d'au moins 1 000 salariés, le congé de reclassement peut durer jusqu'à 12 mois. Pendant toute cette période, le salarié perçoit une allocation mensuelle d'au moins 65 % de sa rémunération brute moyenne des 12 derniers mois, sans pouvoir être inférieure à 85 % du SMIC brut (art. D. 1233-26 du Code du travail, source : service-public.gouv.fr). Ce dispositif s'ajoute aux indemnités légales de licenciement, il ne s'y substitue pas.