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Rupture conventionnelle : comment calculer votre indemnité légale en 2026

Calculez votre indemnité de rupture conventionnelle en 2026 : montant minimal, barème légal 1/4 et 1/3, mode de calcul, fiscalité et conditions de versement.

Par Sarah Guerin 9 min de lecture
Rupture conventionnelle : calcul de l'indemnité légale en

L'indemnité de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. Point barre. Son montant se calcule à partir de votre ancienneté et de votre salaire de référence. En 2026, le barème applicable reste : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois par année au-delà. On fait le point sur les règles de calcul, le régime fiscal et social, et les pièges à éviter.

Qu'est-ce que l'indemnité de rupture conventionnelle ?

Cette indemnité spécifique, c'est la somme que l'employeur verse au salarié dans le cadre d'une rupture conventionnelle homologuée (articles L. 1237-11 et suivants du Code du travail). Elle représente la contrepartie financière d'une rupture d'un commun accord du CDI.

Un minimum légal strict s'impose : l'indemnité ne peut pas être inférieure à celle de licenciement prévue à l'article R. 1234-2. En dessous, la convention est nulle. La Cour de cassation l'a encore rappelé (chambre sociale, 6 février 2025, n° 23-15.672) : verser moins que le minimum légal, c'est s'exposer à une nullité. Le salarié peut alors saisir le conseil de prud'hommes pour obtenir des dommages et intérêts.

Différence avec l'indemnité de licenciement : ici, on peut négocier à la hausse. Aucun plafond légal n'existe (sauf abus de droit). Et c'est versé en une seule fois, à la date de rupture du contrat, soit après le délai de rétractation de 15 jours suivant la signature.

Notre guide complet sur la rupture conventionnelle : procédure et délais 2026 détaille toutes les étapes administratives.

Barème légal 2026 : le calcul de l'indemnité minimale

Depuis la loi Travail du 8 août 2016, le calcul de l'indemnité de rupture conventionnelle suit celui de l'indemnité légale de licenciement. Le barème 2026 n'a pas bougé.

Le calcul par tranches d'ancienneté

  • Pour les 10 premières années : 1/4 de mois de salaire brut par année d'ancienneté.
  • À partir de la 11ᵉ année : 1/3 de mois de salaire brut par année d'ancienneté.
  • Au-delà de 20 ans : ça continue à 1/3 de mois par année : pas de majoration spéciale pour les seniors dans ce barème légal.

Les années incomplètes comptent au prorata. Exemple : pour 8 ans et 6 mois, on prend 8 années pleines à 1/4 puis 6/12 d'une année au même taux.

Un exemple : salaire de référence de 2 400 €, 14 ans d'ancienneté.

  • (2 400 € × 1/4) × 10 ans = 6 000 €
  • (2 400 € × 1/3) × 4 ans = 3 200 €
  • Total minimum : 9 200 €

Notre simulateur indemnité de licenciement 2026 donne le même résultat pour une rupture conventionnelle.

Un détail qui a son importance : les conventions collectives ou accords de branche peuvent prévoir un montant plus favorable. Dans ce cas, le plus avantageux s'applique (principe de faveur). À vérifier avant de signer.

L'essentiel

  • L'indemnité de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure au montant de l'indemnité légale de licenciement, sous peine de nullité de la convention.
  • Le barème 2026 est de 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois au-delà.
  • L'indemnité légale est exonérée d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales dans certaines limites ; la part supra-légale est en partie soumise à cotisations.
  • Une indemnité supra-légale élevée retarde le versement de l'ARE via un différé d'indemnisation plafonné à 150 jours.
  • La créance d'indemnité naît à la date de rupture du contrat, et non à la signature de la convention (Cour de cassation, février 2025).

Salaire de référence : quelle base de calcul retenir ?

Le salaire de référence, c'est la clé du calcul. L'article R. 1234-4 du Code du travail propose deux formules : et c'est la plus favorable au salarié qui doit être retenue.

Formule 1 : moyenne mensuelle des 12 derniers mois : on additionne les salaires bruts perçus les 12 mois précédant la rupture (primes incluses), on divise par 12.

Formule 2 : moyenne mensuelle des 3 derniers mois : moyenne du salaire brut des 3 mois précédant la rupture. Les primes annuelles ou exceptionnelles versées pendant cette période sont intégrées au prorata temporis (1/12 ou 1/4 selon la formule).

Ce qui compte : salaire de base, heures sup, primes d'ancienneté, primes d'objectif, 13ᵉ mois, commissions, intéressement et participation (partie non bloquée seulement). Ce qui est exclu : remboursements de frais pro, primes de bilan ou de vacances si la convention collective les écarte du calcul.

Petite astuce de praticien : calculez toujours les deux formules. Si vos 3 derniers mois incluent une grosse prime ou des heures sup, la moyenne courte peut être plus intéressante. L'employeur doit appliquer le résultat le plus favorable, c'est une obligation.

Notre tableau indemnité licenciement 2026 donne une vue d'ensemble des montants par tranches d'ancienneté.

Indemnité brute ou nette : fiscalité et cotisations sociales

Question qui revient tout le temps : l'indemnité est-elle versée en brut ou en net ? L'employeur verse un montant brut, sur lequel s'appliquent cotisations sociales et prélèvement à la source. Mais les règles sont spécifiques.

Régime social (cotisations)

  • La part inférieure au minimum légal : exonérée de cotisations sociales (sécu, CSG, CRDS).
  • La fraction supra-légale (jusqu'à 2 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, limitée à 50 % du montant total) : soumise aux cotisations de sécu et à la CSG/CRDS.
  • Au-delà de ces seuils : tout l'excédent est soumis à l'ensemble des cotisations.

Régime fiscal (impôt sur le revenu)

  • L'indemnité est exonérée d'impôt dans la limite du montant le plus élevé entre : l'indemnité légale de licenciement, 50 % de l'indemnité perçue, ou 2 fois la rémunération annuelle brute de l'année précédente.
  • Plafond commun : 6 fois le PASS (environ 280 000 € en 2026).
  • L'exonération fiscale ne couvre que le minimum légal ; la part supra-légale devient imposable au-delà du seuil d'exemption.

CSG et CRDS : prélevées sur la fraction soumise aux cotisations, au taux de 6,80 % (CSG) et 0,50 % (CRDS), après abattement de 1,75 % pour frais professionnels.

Pour aller plus loin : l'article du Village de la justice sur le traitement fiscal et social des indemnités (avril 2026).

Versement de l'indemnité : quel délai ?

Le versement a lieu à la date de rupture du contrat, soit le lendemain de l'homologation par la Direccte (Dreets), ou à défaut de réponse dans les 15 jours ouvrés suivant la réception du dossier (homologation tacite).

Calendrier type :

  • Signature de la convention par les deux parties (un exemplaire chacun).
  • Délai de rétractation de 15 jours calendaires : possibilité de revenir sur sa décision, sans motif, par lettre recommandée avec AR.
  • Transmission du dossier à la Dreets après ce délai.
  • Instruction sous 15 jours ouvrés par l'administration. Passé ce délai sans réponse : homologation tacite.
  • Versement de l'indemnité le lendemain de la date de rupture.

Date de naissance de la créance : la Cour de cassation (arrêt du 6 février 2025) a tranché : la créance naît à la date de la rupture du contrat, pas à la signature. Pas anodin : ça joue sur la prescription et sur la déclaration de créance en cas de procédure collective de l'employeur.

L'employeur verse en une seule fois. Pas d'échelonnement prévu par la loi, sauf accord exprès des deux parties dans la convention.

Négocier une indemnité supra-légale : est-ce possible ?

Oui, une rupture conventionnelle se négocie au-dessus du minimum légal. C'est même l'un de ses avantages par rapport au licenciement. La partie en plus, c'est la part « supra-légale ».

Combien en pratique ? Les cabinets d'avocats constatent des compléments de 1 à 3 mois de salaire en moyenne, surtout pour les cadres. Une étude du Village de la justice (février 2026) indique que les salariés cadres décrochent en moyenne 2 à 4 mois de salaire brut en supplément du minimum légal.

Ce qui se négocie :

  • L'ancienneté et la valeur du salarié sur le marché.
  • Les circonstances (départ volontaire ou poussé par l'employeur).
  • L'existence d'une clause de non-concurrence (indemnité supplémentaire à prévoir).
  • La santé financière de l'entreprise.

Mais attention : l'indemnité supra-légale est soumise à cotisations sociales (CSG, CRDS, sécurité sociale) au-delà du plafond d'exonération. Trop élevée, elle peut réduire le net perçu par le salarié et augmenter le coût pour l'employeur. Dans les faits, certains négociateurs oublient cet aspect.

Piège classique : ne signez pas sans avoir comparé le projet au minimum légal. Si l'indemnité est inférieure, la convention est nulle. Utilisez notre calcul indemnité licenciement par ancienneté 2026 pour vérifier.

Indemnité et droits au chômage

Percevoir une indemnité de rupture conventionnelle, ça a un effet direct sur vos droits au chômage (ARE). Le principe : un différé d'indemnisation est calculé sur la partie qui dépasse l'indemnité légale de licenciement.

Calcul du différé : France Travail (ex-Pôle emploi) le fixe en divisant l'indemnité supra-légale par le salaire journalier de référence (SJR). Soit : (indemnité supra-légale ÷ SJR) = nombre de jours de différé, plafonné à 150 jours.

Exemple : SJR de 80 €, indemnité supra-légale de 4 000 €. Différé = 4 000 € ÷ 80 € = 50 jours sans ARE.

Ce qu'il faut retenir : plus l'indemnité supra-légale est élevée, plus l'attente est longue. Beaucoup de salariés négocient un gros montant sans anticiper cette période de carence : et se retrouvent sans revenu plusieurs semaines après la rupture.

Bonne nouvelle : la rupture conventionnelle ouvre bien droit à l'ARE (contrairement à la démission). Notre fiche rupture conventionnelle chômage : vos droits en 2026 détaille tout.

Sources

Fiche pratique

Articles de loiArticles L. 1237-11 à L. 1237-16 et R. 1234-2 à R. 1234-4 du Code du travail
Barème légal1/4 de mois par année (10 premières années) puis 1/3 de mois par année au-delà
Plafond d'exonération fiscaleMontant le plus élevé entre l'indemnité légale, 50 % de l'indemnité perçue ou 2x le salaire annuel brut, dans la limite de 6 x PASS
Différé chômage max150 jours
Délai de rétractation15 jours calendaires
Délai d'homologation15 jours ouvrés (homologation tacite passé ce délai)
Juridiction compétenteConseil de prud'hommes (contestation dans les 12 mois suivant l'homologation)

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Consultez un avocat ou un professionnel du droit pour toute situation concrète.

Questions fréquentes

Quel est le montant minimum de l'indemnité de rupture conventionnelle en 2026 ?

Le montant minimum de l'indemnité de rupture conventionnelle, c'est l'indemnité légale de licenciement (article R. 1234-2 du Code du travail). Barème 2026 : 1/4 de mois de salaire brut par année pour les 10 premières années, 1/3 de mois par année au-delà. En dessous, la convention est nulle.

L'indemnité de rupture conventionnelle est-elle imposable ?

La fraction correspondant au minimum légal est exonérée d'impôt. La part supra-légale peut l'être aussi, dans la limite de 50 % du total perçu ou de 2 fois la rémunération annuelle brute de l'année précédente : plafonnée à 6 fois le PASS (environ 280 000 € en 2026). Au-delà, c'est imposable.

Quand l'indemnité de rupture conventionnelle est-elle versée ?

L'indemnité est versée à la date de rupture du contrat, soit le lendemain de l'homologation par la Dreets (ou de l'homologation tacite après 15 jours ouvrés d'instruction). L'employeur verse tout en une fois. La Cour de cassation (février 2025) a précisé que la créance naît à cette date, pas à la signature.

L'indemnité de rupture conventionnelle réduit-elle les droits au chômage ?

Elle ne supprime pas le droit à l'ARE, mais la part qui dépasse le minimum légal déclenche un différé d'indemnisation. Calcul : montant supra-légal divisé par le salaire journalier de référence, dans la limite de 150 jours. Plus l'indemnité négociée est élevée, plus l'attente est longue.

Peut-on négocier une indemnité supérieure au minimum légal ?

Oui, on peut négocier une indemnité supra-légale. Aucun plafond légal au-delà du minimum obligatoire. En pratique, les cadres obtiennent en moyenne 2 à 4 mois de salaire brut supplémentaires. Petit bémol : la part supra-légale est soumise à cotisations sociales et CSG/CRDS.