Comment se passe un licenciement économique : de la cause réelle à l'indemnité
Comment se passe un licenciement économique en 2026 ? Causes légales, étapes de procédure, délais, indemnités et erreurs à éviter. Guide sourcé sur le Code

Un licenciement économique est défini par l'article L. 1233-3 du Code du travail comme un licenciement fondé sur un motif non inhérent à la personne du salarié. Il repose sur l'une des quatre causes légales : difficultés économiques, mutations technologiques, réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité, ou cessation d'activité. La procédure exige une suppression de poste effective, une recherche sérieuse de reclassement, et une consultation du CSE le cas échéant.
Comment se passe un licenciement économique ? La réponse tient dans un enchaînement rigoureux : une cause économique légalement définie, une suppression ou transformation de poste effective, une obligation de reclassement préalable, puis une procédure dont la complexité varie selon le nombre de salariés concernés. L'article L. 1233-3 du Code du travail en fixe le cadre, et la Cour de cassation en rappelle régulièrement les exigences. Ce guide déroule chaque étape, des motifs valables jusqu'aux voies de recours, en s'appuyant sur les textes et la jurisprudence récente.
Qu'est-ce qu'un licenciement économique ? La définition légale
Un licenciement pour motif économique est défini par l'article L. 1233-3 du Code du travail. Il s'agit du licenciement prononcé par un employeur pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié (Legifrance, 15 févr. 2026). Autrement dit, ce n'est ni une faute, ni une insuffisance professionnelle, ni un motif disciplinaire : la rupture repose sur la situation de l'entreprise elle-même.
La jurisprudence exige que la cause économique invoquée soit à la fois réelle : elle doit exister au moment du licenciement : et sérieuse : elle doit rendre la suppression de poste nécessaire. Une difficulté passagère ou un simple ralentissement d'activité ne suffisent pas. La Cour de cassation rappelle que le juge se place à la date du licenciement pour apprécier la réalité du motif (Village-Justice, 26 févr. 2026).
Cette définition légale est la pierre angulaire du dispositif. Si le motif économique n'est pas caractérisé ou disparaît avant la notification, le licenciement risque d'être requalifié en licenciement sans cause réelle et sérieuse.
📌 Important : le motif économique ne se présume pas. C'est à l'employeur d'en rapporter la preuve devant le juge, le cas échéant.
Les quatre motifs reconnus par le Code du travail
L'article L. 1233-3 du Code du travail énumère quatre causes économiques qui peuvent justifier un licenciement :
- Les difficultés économiques : elles se caractérisent soit par une baisse significative des commandes ou du chiffre d'affaires pendant une durée variable selon la taille de l'entreprise, soit par des pertes d'exploitation, soit par une dégradation de la trésorerie. Ces difficultés doivent présenter une certaine persistance.
- Les mutations technologiques : l'introduction de nouvelles technologies qui bouleversent l'organisation du travail peut rendre certains postes obsolètes. Le simple achat d'un nouveau logiciel ne constitue pas une mutation technologique au sens de la loi.
- La réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité : c'est le motif le plus souvent invoqué. L'employeur anticipe une menace pesant sur la compétitivité de l'entreprise ou du secteur d'activité du groupe auquel elle appartient. Les difficultés économiques ne sont pas encore avérées, mais leur survenance est probable.
- La cessation d'activité : totale et définitive, elle doit être indépendante de la volonté de l'employeur. Une cessation décidée pour convenance personnelle ne constitue pas un motif économique valable (Village-Justice, 16 oct. 2025).
Ce qui ne constitue PAS un motif économique valable
Plusieurs situations ne peuvent pas fonder un licenciement économique, même si l'employeur les invoque :
- Une simple réorganisation interne sans menace sur la compétitivité : déménager un service ou fusionner deux équipes sans suppression de poste ne justifie pas un licenciement économique.
- Une baisse ponctuelle de résultats : un trimestre déficitaire isolé ne caractérise pas des difficultés économiques durables. La Cour de cassation vérifie que la baisse s'inscrit dans la durée.
- Une recherche d'accroissement des profits : licencier pour améliorer la rentabilité alors que l'entreprise est bénéficiaire n'est pas un motif économique valable. Ce point est régulièrement sanctionné par les juges.
- Une faute ou insuffisance professionnelle déguisée : l'employeur ne peut pas utiliser le motif économique pour se séparer d'un salarié dont le travail ne donne pas satisfaction.
La condition préalable : suppression ou transformation de poste
La cause économique ne suffit pas : elle doit se matérialiser par un impact concret sur l'emploi. Selon la fiche d'orientation Dalloz (7 août 2025), la condition première du licenciement économique est « la suppression ou la transformation d'emploi(s) ». Sans cet élément matériel, le motif économique reste théorique.
La suppression d'emploi doit être effective et établie, c'est-à-dire que le poste disparaît réellement de l'organigramme. L'employeur ne peut pas licencier un salarié puis embaucher immédiatement une autre personne sur un poste identique avec une qualification différente.
Cette exigence protège le salarié contre les licenciements de façade. Le juge prud'homal contrôle que la suppression du poste est bien la conséquence directe de la cause économique alléguée, et non un prétexte pour évincer un salarié.
Suppression, transformation ou modification refusée : trois situations distinctes
L'impact sur l'emploi peut prendre trois formes distinctes, chacune obéissant à un régime juridique spécifique :
- La suppression de poste : le poste est définitivement retiré de l'effectif. C'est le cas le plus fréquent. Le poste ne doit pas être pourvu de nouveau dans un délai rapproché après le licenciement.
- La transformation de poste : le contenu du poste évolue substantiellement au point de constituer une modification du contrat de travail. Si le salarié accepte cette modification, le contrat se poursuit. S'il la refuse, l'employeur peut engager une procédure de licenciement économique.
- La modification refusée du contrat de travail pour motif économique : l'employeur propose une modification (rémunération, durée du travail, lieu de travail…) que le salarié refuse. Ce refus ne constitue pas une faute et peut conduire à un licenciement économique si la modification est justifiée par la cause économique.
L'obligation de reclassement : une étape incontournable avant le licenciement
Avant tout licenciement économique, l'employeur doit rechercher sérieusement toutes les possibilités de reclassement dans l'entreprise et, le cas échéant, dans le groupe auquel elle appartient. Cette obligation, prévue aux articles L. 1233-4 et suivants du Code du travail, est une condition de validité du licenciement.
Le reclassement doit porter sur tous les postes disponibles de la même catégorie ou, avec l'accord exprès du salarié, sur des postes de catégorie inférieure. L'employeur doit proposer des offres écrites et précises. Une recherche formelle : quelques courriels sans suite : est insuffisante.
La jurisprudence sanctionne sévèrement le non-respect de cette obligation. Si le juge constate que des postes étaient disponibles et que l'employeur ne les a pas proposés, le licenciement est privé de cause réelle et sérieuse, ce qui ouvre droit à des dommages-intérêts pour le salarié. Le périmètre de reclassement s'étend à toutes les entreprises du groupe, en France comme à l'étranger si le salarié y est mobile.
Comment se déroule la procédure étape par étape
La procédure de licenciement économique varie selon le nombre de salariés concernés et la taille de l'entreprise. Le Code du travail distingue trois régimes : le licenciement individuel (un seul salarié), le petit licenciement collectif (2 à 9 salariés sur 30 jours), et le grand licenciement collectif (10 salariés et plus sur 30 jours).
Quel que soit le régime, l'employeur doit respecter un socle commun : convocation à un entretien préalable, notification de la lettre de licenciement, et respect des délais légaux. Pour un exposé complet, notre article détaille les 6 étapes de la procédure de licenciement économique.
La distinction entre ces régimes est cruciale car elle détermine les obligations de l'employeur en matière d'information du CSE, de consultation des représentants du personnel et de notification à l'administration.
Licenciement de moins de 10 salariés : procédure simplifiée
Pour un licenciement individuel ou pour 2 à 9 salariés sur une période de 30 jours, la procédure suit les étapes suivantes :
- Consultation du CSE : si l'entreprise en est dotée, le Comité social et économique doit être informé et consulté sur le projet de licenciement.
- Recherche de reclassement : l'employeur adresse des offres écrites et précises à chaque salarié concerné.
- Convocation à l'entretien préalable : par lettre recommandée ou remise en main propre, au moins 5 jours ouvrables avant l'entretien.
- Entretien préalable : le salarié peut être assisté par un conseiller du salarié inscrit sur une liste départementale.
- Information de la DREETS : selon la Section 3 du Code du travail (Legifrance), l'employeur informe l'autorité administrative des licenciements prononcés dans les 8 jours suivant l'envoi des lettres de licenciement.
- Notification du licenciement : par lettre recommandée avec accusé de réception, au minimum 7 jours après l'entretien pour un non-cadre, 15 jours pour un cadre.
L'information de la DREETS est une formalité substantielle : son omission peut entraîner une irrégularité de procédure.
Licenciement de 10 salariés et plus : le Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE)
À partir de 10 licenciements sur 30 jours dans une entreprise d'au moins 50 salariés, le Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) devient obligatoire. Ce dispositif, régi par les articles L. 1233-61 et suivants du Code du travail, impose à l'employeur d'élaborer un plan de reclassement interne et externe.
Le PSE peut être établi soit par un accord collectif majoritaire validé par la DREETS, soit par un document unilatéral de l'employeur homologué par la DREETS. Il doit contenir des mesures précises : plan de reclassement, créations d'activités, actions de formation, mesures de réduction du temps de travail.
Le CSE est étroitement associé à la procédure : il est consulté sur le projet de licenciement collectif et sur le contenu du PSE. Il peut recourir à un expert-comptable rémunéré par l'employeur pour analyser la situation économique et les mesures proposées.
Le rôle du CSE et l'expertise (article L. 2315-94 du Code du travail)
Le Comité social et économique dispose de prérogatives importantes dans le cadre d'un licenciement économique. L'article L. 2315-94, 2° du Code du travail lui permet de faire appel à un expert habilité « dans des conditions prévues par décret » (Cour de cassation, ch. sociale, 8 juillet 2026, Legifrance).
Cet expert, rémunéré par l'employeur, analyse la situation économique de l'entreprise et la pertinence des mesures de reclassement envisagées. Son rapport peut servir de base aux discussions avec la direction et, le cas échéant, alimenter un contentieux ultérieur.
Le CSE doit être consulté sur les quatre aspects du projet : les raisons économiques, le nombre de licenciements envisagés, le calendrier prévisionnel, et les mesures d'accompagnement. Cette consultation doit être menée avant toute décision définitive de l'employeur.
Cas pratique chiffré : un salarié en CDI licencié après 8 ans d'ancienneté
Prenons un cas concret pour illustrer les droits d'un salarié licencié pour motif économique. Marc, cadre dans une PME industrielle, compte 8 ans d'ancienneté. Son salaire mensuel brut de référence s'établit à 3 000 €. L'entreprise, confrontée à une baisse durable des commandes, supprime son poste après avoir vainement cherché à le reclasser.
Ce scénario permet de visualiser les trois composantes financières auxquelles Marc peut prétendre : l'indemnité de licenciement, l'indemnité compensatrice de préavis, et l'indemnité compensatrice de congés payés. D'autres sommes peuvent s'ajouter selon la convention collective applicable.
Pour une présentation détaillée des méthodes de calcul, notre article explique comment calculer la prime de licenciement économique pour un CDI.
Calcul de l'indemnité légale de licenciement
L'indemnité légale de licenciement se calcule selon une formule à deux paliers (article R. 1234-2 du Code du travail) :
- 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années.
- 1/3 de mois de salaire par année d'ancienneté au-delà de 10 ans.
Pour Marc, 8 ans d'ancienneté et 3 000 € de salaire brut : le calcul donne 6 000 € (8 × 1/4 × 3 000 €).
Ce montant constitue un plancher. La convention collective applicable peut prévoir une indemnité conventionnelle plus favorable. Certaines conventions de branche prévoient par exemple 1/2 mois de salaire par année d'ancienneté. Le salarié perçoit le montant le plus élevé entre l'indemnité légale et l'indemnité conventionnelle.
💡 À noter : l'ancienneté se calcule à la date de notification du licenciement, préavis inclus. Les années incomplètes sont prises en compte au prorata des mois de présence.
Préavis et congé de reclassement : combien de temps au total ?
Le préavis, dont la durée minimale est fixée par l'article L. 1234-1 du Code du travail, dépend de l'ancienneté et du statut : 2 mois pour un non-cadre ayant au moins 2 ans d'ancienneté, 3 mois pour un cadre.
Marc, en tant que cadre, bénéficie d'un préavis de 3 mois. Pendant cette période, il est soit dispensé d'activité par l'employeur (avec maintien intégral du salaire), soit maintenu en poste.
À cela peut s'ajouter un congé de reclassement dans les entreprises de plus de 1 000 salariés, d'une durée de 4 à 12 mois. Ce congé se substitue au préavis pour la partie excédant le préavis légal. Le salarié perçoit une allocation de reclassement égale à 65 % de sa rémunération brute antérieure pendant les 3 premiers mois.
Dans les entreprises de moins de 1 000 salariés, le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) remplace le congé de reclassement. Le salarié dispose de 21 jours pour accepter ou refuser le CSP. S'il accepte, le contrat est rompu d'un commun accord. S'il refuse, le licenciement économique suit son cours et le préavis s'exécute normalement.
Pour connaître les délais précis, consultez notre article sur les délais applicables au licenciement économique.
L'erreur courante qui coûte cher : négliger l'obligation de reclassement
L'erreur la plus lourde de conséquences pour un employeur est de traiter l'obligation de reclassement comme une formalité administrative. En pratique, certaines entreprises envoient quelques courriels aux filiales du groupe, attendent des réponses négatives, puis engagent le licenciement. Cette démarche « pour la forme » est régulièrement sanctionnée par les juges.
La Cour de cassation rappelle un principe constant : le juge doit se placer à la date du licenciement pour apprécier la réalité du motif économique et le respect de l'obligation de reclassement (Village-Justice, 26 févr. 2026). Si des postes compatibles existaient à cette date et que l'employeur ne les a pas proposés, le licenciement encourt l'annulation ou la requalification en licenciement sans cause réelle et sérieuse.
La conséquence financière peut être significative. Le salarié peut obtenir des dommages-intérêts dont le montant est apprécié par le juge en fonction du préjudice subi, dans le cadre du barème dit Macron (article L. 1235-3 du Code du travail). Pour Marc, avec 8 ans d'ancienneté, le barème prévoit une fourchette indicative comprise entre 3 et 8 mois de salaire brut en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse.
L'erreur n'est pas seulement juridique : un licenciement requalifié crée un précédent dans l'entreprise et expose l'employeur à d'autres actions collectives des salariés concernés. La sincérité de la recherche de reclassement est un investissement préventif.
Quels droits pour le salarié après le licenciement économique ?
Une fois le licenciement prononcé, le salarié dispose de plusieurs droits qu'il est utile de connaître pour anticiper sa situation financière. Ces droits varient selon l'ancienneté, le statut et la taille de l'entreprise.
L'indemnité de licenciement, qu'elle soit légale ou conventionnelle, bénéficie d'un régime social et fiscal favorable : elle est exonérée de cotisations sociales dans la limite de 2 PASS (96 120 €) et d'impôt sur le revenu dans la limite de 6 PASS (288 360 €). Le montant perçu est donc généralement net de charges.
S'y ajoutent les droits au chômage. Pour savoir précisément quelles sommes sont dues, notre article répond à la question combien touche-t-on pour un licenciement économique.
L'indemnité légale de licenciement et les allocations chômage
L'indemnité légale de licenciement suit la formule déjà exposée (1/4 de mois jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà). La convention collective ou le contrat de travail peuvent prévoir un montant supérieur : c'est alors ce montant qui s'applique.
Les allocations chômage (ARE) sont calculées sur la base du salaire journalier de référence (SJR). Le taux applicable est de 40,4 % du SJR + une partie fixe de 13,18 € par jour, ou 57 % du SJR si cette formule est plus favorable. L'allocation minimale est de 32,13 € par jour.
Un différé d'indemnisation s'applique : le différé congés payés (plafonné à 30 jours) et le différé spécifique (plafonné à 150 jours, ramené à 75 jours en cas de licenciement économique). Le versement de l'ARE débute à l'issue de ces différés.
La priorité de réembauche et le contrat de sécurisation professionnelle (CSP)
Le salarié licencié pour motif économique bénéficie d'une priorité de réembauche pendant un délai de 1 an à compter de la rupture de son contrat (article L. 1233-45 du Code du travail). Il doit manifester sa volonté d'en bénéficier par écrit. L'employeur doit alors l'informer de tout poste devenu disponible compatible avec sa qualification.
Dans les entreprises de moins de 1 000 salariés, ainsi que dans les entreprises en redressement ou liquidation judiciaire, le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) est proposé au salarié. Ce dispositif, d'une durée de 12 mois, offre un accompagnement renforcé vers l'emploi et une allocation de sécurisation professionnelle égale à 75 % du SJR (contre 57 % à 60 % pour l'ARE classique).
Le CSP n'est pas une option facultative : l'employeur doit le proposer obligatoirement. Le salarié dispose d'un délai de réflexion de 21 jours. Son acceptation emporte rupture du contrat de travail d'un commun accord et renonciation au préavis. L'employeur verse alors à France Travail une contribution correspondant à l'indemnité compensatrice de préavis.
💡 À noter : la rupture conventionnelle collective est un régime autonome de rupture négociée du contrat de travail (Dalloz, fiche RCC). Elle ne se confond pas avec le licenciement économique et obéit à des règles propres.
Contester un licenciement économique : recours aux prud'hommes
Le salarié qui estime son licenciement économique injustifié peut saisir le Conseil de prud'hommes. Le délai de contestation est de 12 mois à compter de la notification du licenciement (article L. 1471-1 du Code du travail). Ce délai s'applique à toutes les contestations relatives à la rupture.
Les chefs de demande possibles sont principalement :
- L'absence de cause réelle et sérieuse : le motif économique n'est pas établi, l'obligation de reclassement n'a pas été respectée, ou la suppression de poste n'est pas effective.
- Le non-respect de la procédure : absence de consultation du CSE, omission de l'information à la DREETS, irrégularité de l'entretien préalable.
- La violation des critères d'ordre des licenciements : l'employeur doit définir et appliquer des critères objectifs pour désigner les salariés licenciés (charges de famille, ancienneté, difficultés de réinsertion professionnelle, qualités professionnelles).
Le salarié peut être assisté par un avocat ou par un défenseur syndical devant le Conseil de prud'hommes. La charge de la preuve du motif économique pèse sur l'employeur, mais le salarié doit étayer ses allégations par des éléments concrets.
Selon les circonstances de l'espèce, le juge peut accorder des dommages-intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ou pour irrégularité de procédure. La décision peut également ordonner la réintégration du salarié si celui-ci la demande et si l'entreprise le permet matériellement. Les juges apprécient souverainement les faits et le préjudice subi, sans qu'un résultat puisse être garanti à l'avance.
Points clés
- Le motif économique doit être réel et sérieux, apprécié à la date du licenciement selon la jurisprudence constante.
- L'obligation de reclassement est une condition de validité du licenciement : une recherche purement formelle expose l'employeur à des dommages-intérêts.
- L'indemnité légale est de 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà, sauf convention collective plus favorable.
- Le délai de contestation devant le Conseil de prud'hommes est de 12 mois à compter de la notification du licenciement.
- Le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) s'impose dans les entreprises de moins de 1 000 salariés : le salarié dispose d'un délai de réflexion de 21 jours.
Sources
- legifrance.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- dalloz.fr
- dalloz.fr
- village-justice.com
Fiche pratique
| Articles de loi clés | Art. L. 1233-3 du Code du travail (définition du motif économique) ; Art. L. 2315-94, 2° (expertise CSE) ; Art. L. 1471-1 (délai de contestation : 12 mois) |
| Délais à retenir | Convocation à l'entretien préalable : 5 jours ouvrables minimum avant ; Notification du licenciement : 7 jours (non-cadre) ou 15 jours (cadre) après l'entretien ; Contestation prud'homale : 12 mois à compter de la notification ; Priorité de réembauche : 1 an |
| Montants-clés | Indemnité légale : 1/4 de mois par an ≤ 10 ans d'ancienneté, 1/3 au-delà (art. R. 1234-2) ; Préavis cadre : 3 mois (art. L. 1234-1) ; Préavis non-cadre (≥ 2 ans) : 2 mois |
| Juridiction compétente | Conseil de prud'hommes du lieu de l'établissement ou du domicile du salarié |
| Contacts officiels | DREETS (information employeur) ; service-public.fr ; conseil de prud'hommes ; inspection du travail |
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Consultez un avocat ou un professionnel du droit pour toute situation concrète.
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Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un motif économique valable pour licencier ?
Un motif économique valable est défini par l'article L. 1233-3 du Code du travail. Il repose sur un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié, et se limite à quatre causes légales : des difficultés économiques, des mutations technologiques, une réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité de l'entreprise, ou la cessation d'activité. Ces difficultés doivent être réelles et sérieuses. Une simple baisse ponctuelle de chiffre d'affaires ne suffit pas.
Quelles sont les étapes obligatoires d'un licenciement économique ?
La procédure comporte plusieurs étapes obligatoires : l'information et la consultation du CSE s'il existe, une recherche sérieuse de reclassement pour chaque salarié concerné, la convocation à un entretien préalable, la notification à la DREETS (pour un licenciement collectif de moins de 10 salariés sur 30 jours), et l'envoi de la lettre de licenciement. Pour 10 salariés et plus, un Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) est requis.
L'employeur est-il obligé de proposer un reclassement avant de licencier ?
Oui, l'obligation de reclassement est une étape incontournable. L'employeur doit proposer au salarié tous les postes disponibles dans l'entreprise ou le groupe, y compris ceux de catégorie inférieure avec l'accord du salarié. Cette recherche doit être sincère et individualisée. Un manquement à cette obligation peut rendre le licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Quelle indemnité reçoit-on lors d'un licenciement économique ?
Le salarié perçoit au minimum l'indemnité légale de licenciement : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois au-delà. La convention collective applicable peut prévoir un montant plus favorable. S'ajoutent l'indemnité compensatrice de préavis et l'indemnité de congés payés. Le salarié peut également bénéficier des allocations chômage (ARE).
Peut-on contester un licenciement économique aux prud'hommes, et dans quel délai ?
Oui, le salarié peut contester son licenciement devant le Conseil de prud'hommes. Le délai de contestation est de 12 mois à compter de la notification du licenciement (article L. 1471-1 du Code du travail). Les chefs de demande incluent l'absence de cause réelle et sérieuse et le non-respect de la procédure. Un avocat ou un défenseur syndical peut assister le salarié.
Quelle est la différence entre licenciement économique individuel et collectif ?
La distinction repose sur le nombre de salariés licenciés sur une période de 30 jours. En dessous de 10 licenciements, la procédure est dite individuelle (ou petit collectif) : entretien préalable, information de la DREETS. À partir de 10 licenciements, le régime du licenciement collectif s'applique avec obligation de mettre en place un Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) et une consultation renforcée du CSE.
Le salarié licencié pour motif économique a-t-il droit au chômage ?
Oui, le salarié licencié pour motif économique remplit la condition de privation involontaire d'emploi ouvrant droit aux allocations chômage (ARE). Le montant est calculé sur la base du salaire journalier de référence. Le salarié peut également bénéficier du Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) dans les entreprises de moins de 1 000 salariés ou en redressement/liquidation judiciaire.
