Prime de licenciement pour inaptitude : comment la calculer étape par étape ?
Comment se calcule la prime de licenciement pour inaptitude ? Formule légale, distinction pro/non pro, cas pratique chiffré, régime fiscal et pièges

L'indemnité de licenciement pour inaptitude se calcule selon l'article L1234-9 du Code du travail : 1/4 de mois de salaire brut par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois au-delà. En cas d'inaptitude d'origine professionnelle (accident du travail ou maladie professionnelle), l'article L1226-14 prévoit une indemnité spéciale égale au double de l'indemnité légale. Le salaire de référence retenu est la formule la plus favorable entre la moyenne des 12 ou des 3 derniers mois.
La prime de licenciement pour inaptitude : plus précisément l'indemnité de licenciement : obéit à une formule légale simple mais variable selon l'origine de l'inaptitude. Le Code du travail fixe un barème de 1/4 de mois de salaire brut par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 au-delà. Ce montant double lorsque l'inaptitude résulte d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle. Distinguer ces deux régimes, identifier la bonne base de calcul et connaître les pièges procéduraux qui peuvent faire perdre le doublement : voici le parcours complet.
Pour aller plus loin sur les droits des salariés en cas d'inaptitude, il est utile de se pencher sur la procédure et les droits liés à l'inaptitude et au licenciement.
Comparatif en un coup d'œil
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| Ancienneté | Ancienneté | Indemnité légale (mois) | Indemnité spéciale – inaptitude pro (mois) |
|---|---|---|---|
| 5 ans d'ancienneté | 5 ans | 1.25 mois | 2.5 mois |
| 10 ans d'ancienneté | 10 ans | 2.5 mois | 5 mois |
| 15 ans d'ancienneté | 15 ans | 4.17 mois | 8.33 mois |
| 20 ans d'ancienneté | 20 ans | 5.83 mois | 11.67 mois |
| 25 ans d'ancienneté | 25 ans | n.c. | n.c. |
Inaptitude professionnelle ou non professionnelle : une distinction qui change tout
L'origine de l'inaptitude détermine le montant de l'indemnité de licenciement. Deux régimes coexistent : l'indemnité légale simple pour une inaptitude d'origine non professionnelle, et l'indemnité spéciale : doublée : pour une inaptitude d'origine professionnelle. Cette distinction, prévue aux articles L1226-14 et L1234-9 du Code du travail, conditionne le montant final que le salarié perçoit.
Cette distinction est cruciale pour comprendre le montant légal de la prime de licenciement pour inaptitude et ses modalités de calcul.
Un salarié déclaré inaptime à la suite d'un accident de trajet ou d'une maladie sans lien avec son activité professionnelle relève du régime non professionnel. L'indemnité suit alors le barème légal classique. À l'inverse, lorsque l'inaptitude trouve sa source dans un accident du travail, un accident de mission ou une maladie professionnelle reconnue, le législateur a prévu un mécanisme de doublement.
La frontière entre ces deux régimes est parfois ténue. Un salarié victime d'un malaise cardiaque sur son lieu de travail : s'agit-il d'un accident du travail ? La jurisprudence constante retient que tout événement survenu au temps et au lieu du travail est présumé être un accident du travail, sauf preuve contraire rapportée par l'employeur. Cette présomption pèse lourd dans la qualification de l'inaptitude et, par ricochet, dans le calcul de l'indemnité.
Inaptitude d'origine professionnelle : accident du travail ou maladie professionnelle
L'article L1226-14 du Code du travail prévoit une indemnité spéciale de licenciement égale au double de l'indemnité légale lorsque l'inaptitude fait suite à un accident du travail ou à une maladie professionnelle. Cette indemnité spéciale constitue un plancher : aucune convention collective ne peut prévoir un montant inférieur.
Deux conditions cumulatives sont exigées. D'abord, l'accident ou la maladie doit avoir été reconnu par la CPAM au titre de la législation professionnelle. Ensuite, l'avis d'inaptitude délivré par le médecin du travail doit mentionner explicitement le lien avec cet accident ou cette maladie. Sans cette mention, le doublement n'est pas dû, même si le salarié a été victime d'un accident du travail par le passé.
Inaptitude d'origine non professionnelle : maladie ou accident de la vie courante
Pour toute inaptitude sans lien avec l'activité professionnelle : maladie ordinaire, accident de la vie privée, accident de trajet non reconnu : l'indemnité de licenciement suit le barème de l'article L1234-9 du Code du travail. Le montant se calcule sans doublement.
Le salarié conserve néanmoins ses droits au titre du licenciement : indemnité compensatrice de congés payés, indemnité de préavis si l'employeur ne peut pas le dispenser, et droit à l'assurance chômage. L'absence de doublement ne prive pas le salarié des autres composantes de son solde de tout compte. Une convention collective peut toutefois prévoir une indemnité conventionnelle plus favorable, qui s'appliquera en lieu et place du barème légal.
Rôle central de la médecine du travail dans la reconnaissance de l'inaptitude
Seul le médecin du travail peut constater l'inaptitude, à l'issue d'au moins un examen médical (deux examens en principe, sauf urgence ou impossibilité). L'article L4624-4 du Code du travail lui impose de réaliser une étude de poste et des conditions de travail, ainsi qu'un échange avec l'employeur sur les possibilités de reclassement.
L'avis d'inaptitude doit préciser si l'inaptitude est d'origine professionnelle ou non. Cette mention lie l'employeur pour le calcul de l'indemnité. Un avis ambigu peut être contesté devant le conseil de prud'hommes dans un délai de 15 jours (art. R4624-45). En pratique, une contestation tardive rend l'avis définitif et fige le régime indemnitaire applicable.
La formule légale de calcul de l'indemnité de licenciement pour inaptitude
Le calcul de l'indemnité de licenciement pour inaptitude repose sur trois variables : le salaire de référence, l'ancienneté du salarié, et l'origine de l'inaptitude. La formule se décompose en deux tranches d'ancienneté. Jusqu'à 10 ans d'ancienneté, chaque année complète ouvre droit à 1/4 de mois de salaire brut. Au-delà de 10 ans, les années supplémentaires sont valorisées à 1/3 de mois de salaire brut.
Ce guide aborde également comment le calcul de l'ancienneté pour l'indemnité de licenciement est pris en compte dans ces situations.
Cette formule constitue le plancher légal. Le service-public.fr le rappelle (2025) : l'indemnité légale est due dès lors que le salarié justifie d'au moins 8 mois d'ancienneté ininterrompue au service du même employeur. L'ancienneté s'apprécie à la date de notification du licenciement, c'est-à-dire à la date d'envoi de la lettre recommandée.
Pour l'inaptitude d'origine professionnelle, l'article L1226-14 double ce résultat. L'indemnité spéciale suit strictement le même barème, puis le montant obtenu est multiplié par deux. Aucune autre majoration automatique n'est prévue par la loi, mais la convention collective applicable peut ajouter des dispositions plus favorables.
Le calcul s'effectue en mois de salaire, puis se convertit en euros en multipliant par le salaire de référence mensuel brut. Pour un temps partiel, le salaire de référence est calculé proportionnellement à la durée du travail, et non reconstitué en équivalent temps plein.
Barème légal : 1/4 de mois puis 1/3 de mois selon l'ancienneté
Le barème issu de l'article L1234-9 se lit ainsi :
- 10 premières années : chaque année d'ancienneté donne droit à 1/4 de mois de salaire brut.
- Au-delà de 10 ans : chaque année supplémentaire donne droit à 1/3 de mois de salaire brut.
Les années incomplètes sont prises en compte au prorata du nombre de mois de présence. Concrètement, un salarié ayant 8 ans et 6 mois d'ancienneté verra son indemnité calculée sur 8,5 années (soit 8,5 × 0,25 = 2,125 mois de salaire).
Ce barème est d'ordre public : il s'impose à tous les employeurs, sauf disposition conventionnelle plus favorable. Le salarié ne peut pas y renoncer par avance.
Tableau comparatif : indemnité légale vs indemnité spéciale
Le passage de l'indemnité légale à l'indemnité spéciale modifie radicalement le montant perçu. Un salarié avec 8 ans d'ancienneté passe de 2 mois de salaire (indemnité légale) à 4 mois (indemnité spéciale). Avec 15 ans d'ancienneté, l'écart se creuse : l'indemnité légale atteint 4,17 mois de salaire, contre 8,33 mois pour l'indemnité spéciale.
La section suivante détaille un tableau récapitulatif complet selon plusieurs paliers d'ancienneté. Avant cela, un point essentiel : l'indemnité spéciale est due même si l'employeur prouve qu'il a satisfait à son obligation de reclassement. Le doublement n'est pas une sanction du comportement de l'employeur, mais une compensation légale pour le salarié dont l'inaptitude a une origine professionnelle.
Il est important de noter que le montant de l'indemnité légale ou spéciale peut être directement influencé par l' indemnité de licenciement pour inaptitude elle-même.
Quelle base de salaire retenir : moyenne des 12 derniers mois ou des 3 derniers mois ?
Le salaire de référence n'est pas le dernier salaire perçu. Selon l'article R1234-4 du Code du travail, deux méthodes coexistent et la plus favorable au salarié doit être retenue :
- Moyenne des 12 derniers mois précédant la notification du licenciement. Cette méthode lisse les variations de rémunération (primes, heures supplémentaires, commissions).
- Moyenne des 3 derniers mois. Cette méthode avantage les salariés ayant bénéficié d'une augmentation récente ou de primes importantes en fin de contrat.
Le salaire brut à prendre en compte inclut le salaire de base, les primes, les gratifications, les avantages en nature et toute somme versée en contrepartie du travail. Sont exclus les remboursements de frais professionnels et les indemnités liées à la rupture du contrat. En pratique, le service des ressources humaines doit présenter les deux calculs au salarié et appliquer le montant le plus élevé.
Cas pratique chiffré : calcul pas à pas pour un salarié avec 14 ans d'ancienneté
Prenons un cas concret. Madame Leroy, technicienne dans une entreprise de métallurgie, est déclarée inapte par le médecin du travail le 15 mars 2026. Elle totalise 14 ans et 3 mois d'ancienneté. Son salaire de référence brut s'établit à 2 600 € (moyenne des 12 derniers mois, plus favorable que la moyenne des 3 derniers mois de 2 550 €).
Le calcul de son indemnité dépend directement de l'origine de son inaptitude. Examinons les deux scénarios possibles avant de comparer les résultats. Ce cas illustre pourquoi la qualification de l'inaptitude représente un enjeu financier majeur pour la salariée.
L'ancienneté retenue est de 14,25 années (14 ans et 3 mois). La première tranche de 10 ans ouvre droit à 10 × 0,25 = 2,5 mois de salaire. La seconde tranche de 4,25 années ouvre droit à 4,25 × 0,3333 = 1,4167 mois. Total : 3,9167 mois de salaire brut.
Scénario A : inaptitude non professionnelle (indemnité légale simple)
Madame Leroy souffre d'une maladie sans lien avec son activité professionnelle. L'indemnité suit le barème de l'article L1234-9.
- Tranche 1 (10 premières années) : 10 × 0,25 = 2,5 mois de salaire
- Tranche 2 (4,25 années au-delà) : 4,25 × 0,3333 = 1,4167 mois de salaire
- Total : 3,9167 mois
En euros : 3,9167 × 2 600 € = 10 183 € brut.
Ce montant constitue le minimum légal. La convention collective de la métallurgie prévoit une indemnité conventionnelle légèrement supérieure pour les salariés ayant plus de 10 ans d'ancienneté. Madame Leroy doit donc vérifier si sa convention collective lui est plus favorable avant de signer son solde de tout compte.
Le cas de Madame Leroy met en lumière les différences entre les types d'indemnités, notamment celle due en cas d' inaptitude professionnelle et licenciement.
Scénario B : inaptitude professionnelle (indemnité spéciale doublée)
L'inaptitude de Madame Leroy est cette fois consécutive à une maladie professionnelle reconnue par la CPAM, mentionnée dans l'avis du médecin du travail.
- Indemnité légale de base : 3,9167 mois (même calcul que le scénario A)
- Indemnité spéciale (art. L1226-14) : 3,9167 × 2 = 7,8334 mois de salaire
En euros : 7,8334 × 2 600 € = 20 367 € brut.
L'écart entre les deux scénarios dépasse 10 000 €. Une différence qui rappelle combien la qualification exacte de l'inaptitude par le médecin du travail engage des conséquences financières considérables. Si l'avis d'inaptitude ne mentionne pas le lien avec la maladie professionnelle, Madame Leroy perd le doublement et ne peut prétendre qu'à l'indemnité légale simple.
Comparaison des deux montants et impact de la convention collective
Récapitulons les deux issues possibles pour Madame Leroy :
- Inaptitude non professionnelle : 10 183 € brut (indemnité légale)
- Inaptitude professionnelle : 20 367 € brut (indemnité spéciale)
La convention collective applicable peut modifier ces montants à la hausse. Dans la métallurgie, l'indemnité conventionnelle pour 14 ans d'ancienneté atteint 4,2 mois de salaire, contre 3,92 mois pour le barème légal. En inaptitude professionnelle, le doublement s'applique sur le montant conventionnel, portant l'indemnité à 8,4 mois, soit 21 840 € brut. La vérification de la convention collective constitue donc une étape incontournable avant toute acceptation du solde de tout compte.
Pour avoir une vision complète, il est recommandé de consulter les montants pour une prime de licenciement économique en 2026 afin de comparer les différentes situations.
Tableau indemnité de licenciement pour inaptitude : récapitulatif selon l'ancienneté
Le tableau ci-dessous synthétise les montants de l'indemnité légale et de l'indemnité spéciale pour quatre paliers d'ancienneté représentatifs. Les valeurs sont exprimées en mois de salaire brut.
Ce barème s'applique à tout salarié en CDI, à temps plein comme à temps partiel (au prorata de la durée du travail). Les années incomplètes sont proratisées au mois près. Le salaire de référence retenu est celui défini à l'article R1234-4 du Code du travail : la moyenne mensuelle la plus favorable entre les 12 et les 3 derniers mois.
Au-delà de 20 ans d'ancienneté, la formule reste identique : 1/3 de mois par année supplémentaire. À 30 ans d'ancienneté, l'indemnité légale atteint 9,17 mois de salaire et l'indemnité spéciale double à 18,33 mois.
💡 À noter : ces montants constituent des planchers. La convention collective, un accord d'entreprise ou le contrat de travail peuvent prévoir des indemnités supérieures. Le salarié a toujours droit au montant le plus élevé.
Prime de licenciement pour inaptitude : est-elle imposable ?
L'indemnité de licenciement pour inaptitude bénéficie d'un régime fiscal et social favorable, mais pas d'une exonération totale. La distinction entre indemnité légale et indemnité spéciale ne modifie pas le régime applicable : les deux suivent les mêmes règles d'exonération.
Le Code général des impôts prévoit une exonération d'impôt sur le revenu pour les indemnités de licenciement, dans la limite du plus élevé des deux montants suivants : le montant prévu par la convention collective ou le barème légal, ou le double de la rémunération annuelle brute perçue l'année précédant la rupture. Cette seconde limite est elle-même plafonnée à un multiple du plafond annuel de la Sécurité sociale : un seuil susceptible d'évolution annuelle.
L'administration fiscale précise que tout ce qui excède ces limites est imposable à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires. Le salarié peut, sous conditions, opter pour le système du quotient afin d'atténuer la progressivité de l'impôt.
Régime fiscal : exonération d'impôt sur le revenu sous conditions
L'indemnité de licenciement pour inaptitude est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du plus élevé des deux montants suivants :
- Le montant de l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement.
- Le double de la rémunération brute annuelle perçue par le salarié l'année précédant la rupture, dans la limite de 6 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (soit 288 360 € en 2026, sur la base du PASS de 48 060 €).
La fraction excédentaire est soumise à l'impôt sur le revenu. Dans les faits, pour la majorité des salariés, l'indemnité légale ou conventionnelle reste inférieure à ces plafonds et demeure totalement exonérée. Le recours à un conseil fiscal reste recommandé pour les cadres dirigeants ou les salariés à très haute rémunération.
Régime social : cotisations et CSG/CRDS sur la part excédentaire
Sur le plan social, l'indemnité de licenciement est exonérée de cotisations sociales dans la limite de 2 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 96 120 € en 2026 (art. L242-1 du Code de la Sécurité sociale).
Au-delà de ce seuil, la fraction excédentaire est assujettie aux cotisations de Sécurité sociale. L'indemnité est également exonérée de CSG et de CRDS dans la limite du montant légal ou conventionnel. Au-delà de ce montant, ou lorsque l'indemnité dépasse 10 fois le PASS (480 600 €), la CSG au taux de 9,2 % et la CRDS à 0,5 % s'appliquent.
L'URSSAF contrôle ces seuils lors des déclarations sociales de l'employeur. Une erreur de déclaration peut entraîner un redressement, d'où l'intérêt pour l'employeur de faire vérifier le calcul par un expert-comptable ou un avocat spécialisé.
Comment calculer son solde de tout compte pour inaptitude ?
Le solde de tout compte récapitule l'ensemble des sommes versées au salarié lors de la rupture du contrat. En cas d'inaptitude, il ne se limite pas à la seule indemnité de licenciement. D'autres éléments s'y ajoutent, que l'employeur doit lister dans un document récapitulatif remis au salarié le dernier jour de travail.
Le salarié dispose d'un délai de 6 mois pour dénoncer ce solde de tout compte par lettre recommandée (art. L1234-20 du Code du travail). Passé ce délai, le document acquiert un effet libératoire pour les sommes qui y sont mentionnées, mais pas pour les sommes omises. Une vérification minutieuse avant signature s'impose.
Dans la pratique, les services de paie omettent parfois certains éléments. Le salarié doit vérifier la présence de l'indemnité compensatrice de congés payés, du salaire du mois en cours jusqu'à la date de rupture, et de l'éventuelle indemnité compensatrice de préavis. Pour approfondir, consultez notre guide complet des indemnités en cas de licenciement pour inaptitude.
Les éléments obligatoires du solde de tout compte
Le solde de tout compte en cas d'inaptitude doit impérativement mentionner :
- L'indemnité de licenciement (légale, spéciale ou conventionnelle).
- L'indemnité compensatrice de congés payés, calculée sur l'ensemble des congés acquis et non pris, y compris ceux reportés des années antérieures.
- Le salaire correspondant à la période travaillée du mois en cours jusqu'à la rupture.
- Les primes et gratifications dues au prorata temporis.
- L'éventuelle contrepartie financière de la clause de non-concurrence.
L'employeur doit également remettre au salarié le certificat de travail, l'attestation France Travail (ex-Pôle emploi) et le reçu pour solde de tout compte. Ces documents conditionnent l'ouverture des droits à l'assurance chômage.
Indemnité compensatrice de préavis : versée ou non selon l'origine de l'inaptitude
La règle diffère radicalement selon l'origine de l'inaptitude. En inaptitude professionnelle, le salarié ne peut pas exécuter son préavis puisque son état de santé l'empêche de travailler. L'employeur est alors dispensé de verser l'indemnité compensatrice de préavis (art. L1226-14).
En inaptitude non professionnelle, la situation s'inverse : l'employeur qui ne fait pas travailler le salarié pendant le préavis doit lui verser une indemnité compensatrice correspondant à la rémunération qu'il aurait perçue. Cette somme s'ajoute à l'indemnité de licenciement.
L'erreur classique consiste pour l'employeur à ne pas verser cette indemnité en inaptitude non professionnelle, en invoquant à tort l'impossibilité d'exécuter le préavis. La jurisprudence constante rappelle que seul le régime de l'inaptitude professionnelle dispense l'employeur du paiement du préavis.
Quels sont les pièges du licenciement pour inaptitude ? Les erreurs qui font perdre le doublement
Le doublement de l'indemnité en cas d'inaptitude professionnelle n'est pas automatique. Plusieurs erreurs procédurales, commises par l'employeur ou méconnues du salarié, peuvent entraîner la perte de l'indemnité spéciale. Ces pièges concernent principalement l'obligation de reclassement, la qualification de l'inaptitude et la consultation des instances représentatives du personnel.
La sanction est lourde : le salarié ne perçoit que l'indemnité légale simple. Dans les cas les plus graves, le licenciement lui-même peut être jugé sans cause réelle et sérieuse, ouvrant droit à des dommages et intérêts selon le barème Macron. Pour une analyse détaillée de ces risques, notre article sur les 5 pièges classiques du licenciement pour inaptitude détaille chaque situation.
Le salarié dispose d'un délai de 12 mois à compter de la notification du licenciement pour saisir le conseil de prud'hommes et contester le montant de l'indemnité ou la régularité de la procédure (art. L1471-1 du Code du travail). Ce délai est bref : une contestation tardive est irrecevable.
Omettre l'obligation de reclassement préalable : conséquence sur l'indemnité
L'employeur doit rechercher un poste de reclassement adapté aux capacités du salarié déclaré inapte, au besoin en mettant en œuvre des mesures d'aménagement (art. L1226-10). Cette recherche doit être loyale et sérieuse : propositions écrites, consultation du CSE, examen de tous les postes disponibles dans l'entreprise et le groupe.
L'absence de recherche de reclassement ou une recherche insuffisante expose l'employeur à voir le licenciement requalifié sans cause réelle et sérieuse. La conséquence pratique : le salarié peut prétendre à des dommages et intérêts en plus de l'indemnité légale ou spéciale. Le non-respect de cette obligation ne fait pas perdre le doublement en lui-même, mais il ouvre une voie contentieuse que l'employeur préfère éviter.
Mal identifier l'origine de l'inaptitude : risque de sous-indemnisation
L'avis d'inaptitude du médecin du travail doit qualifier expressément l'origine de l'inaptitude. Un avis muet sur ce point, ou ambigu, expose le salarié à ne percevoir que l'indemnité légale simple, alors même qu'il pourrait prétendre au doublement.
Le salarié confronté à un avis incomplet doit réagir dans les 15 jours en saisissant le conseil de prud'hommes (art. R4624-45). Après ce délai, l'avis devient définitif. En pratique, cette saisine est rare car les salariés ne connaissent pas ce délai extrêmement court. L'information du salarié par l'employeur ou le médecin du travail sur cette voie de recours n'est pas obligatoire, ce qui constitue un angle mort du dispositif.
Absence de consultation du CSE : nullité de la procédure
L'employeur doit consulter le Comité Social et Économique avant de proposer un poste de reclassement au salarié inapte, que l'inaptitude soit d'origine professionnelle (art. L1226-10) ou non professionnelle (art. L1226-2). Cette consultation porte sur les postes disponibles et les propositions d'aménagement.
Le défaut de consultation du CSE constitue un vice de procédure substantiel. Selon la jurisprudence constante de la Cour de cassation, ce manquement rend le licenciement sans cause réelle et sérieuse. Le salarié peut alors cumuler l'indemnité de licenciement et des dommages et intérêts. Pour les salariés protégés (représentants du personnel), l'absence de consultation peut entraîner la nullité du licenciement.
Convention collective plus favorable : quand s'applique-t-elle à la place du barème légal ?
Le barème légal de l'article L1234-9 constitue un plancher, jamais un plafond. La convention collective, le contrat de travail ou un usage d'entreprise peuvent prévoir une indemnité de licenciement plus élevée. C'est le principe de faveur : la norme la plus avantageuse pour le salarié s'applique.
Comment identifier sa convention collective ? Le bulletin de paie mentionne le code APE (ou NAF) de l'entreprise, ainsi que la convention collective applicable. Le site service-public.fr propose un outil de recherche par nom d'entreprise ou code NAF. Une fois la convention identifiée, le salarié doit consulter les dispositions relatives à l'indemnité de licenciement et vérifier le mode de calcul prévu.
Certaines conventions collectives prévoient un barème plus généreux (1/5 de mois par année par exemple pour les premières années, puis des paliers progressifs). D'autres ajoutent une majoration spécifique en cas d'inaptitude professionnelle, qui peut se cumuler avec le doublement légal. Le calcul final peut ainsi dépasser très sensiblement le montant de l'indemnité spéciale légale. La procédure complète du licenciement pour inaptitude détaille l'articulation entre ces différentes sources de droits.
Points clés
- L'indemnité de licenciement pour inaptitude non professionnelle suit le barème légal : 1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà (art. L1234-9)
- L'inaptitude professionnelle double ce montant : l'indemnité spéciale de l'article L1226-14 est égale à 2 × l'indemnité légale
- Le salaire de référence est la moyenne mensuelle brute la plus favorable entre les 12 et les 3 derniers mois (art. R1234-4)
- La convention collective s'applique lorsqu'elle est plus favorable que le barème légal ; le doublement porte alors sur le montant conventionnel
- L'absence de mention de l'origine professionnelle dans l'avis du médecin du travail fait perdre le doublement
Sources
Fiche pratique
| Articles de loi applicables | Art. L1234-9 (indemnité légale de licenciement), art. L1226-14 (indemnité spéciale en cas d'inaptitude professionnelle), art. R1234-4 (salaire de référence), art. L4624-4 (constat de l'inaptitude par le médecin du travail), art. L1471-1 (délai de prescription de 12 mois) |
| Délais à respecter | 12 mois pour contester le licenciement aux prud'hommes (art. L1471-1) ; 15 jours pour contester l'avis d'inaptitude (art. R4624-45) ; 6 mois pour dénoncer le solde de tout compte (art. L1234-20) |
| Juridiction compétente | Conseil de prud'hommes du lieu où le salarié exécutait son travail (art. R1412-1 du Code du travail) |
| Barème légal | 1/4 de mois de salaire brut par année jusqu'à 10 ans d'ancienneté, 1/3 de mois par année au-delà. Indemnité spéciale = double de l'indemnité légale (inaptitude professionnelle) |
| Simulateur officiel | code.travail.gouv.fr (simulateur d'indemnité de licenciement pour CDI à temps plein) |
| Contacts utiles | Inspection du travail (direccte.gouv.fr), Défenseur des droits (defenseurdesdroits.fr), service-public.fr (fiche F987) |
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Consultez un avocat ou un professionnel du droit pour toute situation concrète.
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Questions fréquentes
Comment est calculée l'indemnité de licenciement en cas d'inaptitude au travail ?
L'indemnité se calcule selon le barème de l'article L1234-9 du Code du travail : 1/4 de mois de salaire brut par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 de mois par année au-delà. Le salaire de référence retenu est la moyenne mensuelle la plus favorable entre les 12 et les 3 derniers mois (art. R1234-4). Si l'inaptitude est d'origine professionnelle, ce montant est doublé en application de l'article L1226-14.
Quels sont les pièges du licenciement pour inaptitude ?
Trois pièges principaux exposent le salarié à une sous-indemnisation : l'avis d'inaptitude qui omet de préciser l'origine professionnelle fait perdre le doublement ; l'absence de recherche de reclassement par l'employeur peut rendre le licenciement sans cause réelle et sérieuse ; le défaut de consultation du CSE constitue un vice de procédure substantiel. Le salarié dispose de 12 mois pour contester ces irrégularités devant le conseil de prud'hommes.
Comment calculer son solde de tout compte pour inaptitude ?
Le solde de tout compte inclut l'indemnité de licenciement, l'indemnité compensatrice de congés payés (tous les congés acquis et non pris), le salaire du mois en cours jusqu'à la rupture, et les primes dues. En inaptitude non professionnelle, l'indemnité compensatrice de préavis s'ajoute si l'employeur ne fait pas exécuter le préavis. Le salarié a 6 mois pour dénoncer ce document par lettre recommandée (art. L1234-20 du Code du travail).
Quel est le tableau pour calculer la prime de licenciement ?
Le barème légal s'exprime en mois de salaire brut : pour 5 ans d'ancienneté, l'indemnité légale atteint 1,25 mois et l'indemnité spéciale 2,5 mois ; pour 10 ans, 2,5 mois et 5 mois ; pour 15 ans, 4,17 mois et 8,33 mois ; pour 20 ans, 5,83 mois et 11,67 mois. La convention collective peut prévoir des montants supérieurs. Le simulateur officiel de code.travail.gouv.fr permet un calcul personnalisé.
La prime de licenciement pour inaptitude est-elle imposable ?
L'indemnité de licenciement pour inaptitude est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du montant légal ou conventionnel, ou du double de la rémunération brute annuelle antérieure (plafonné à 288 360 € en 2026). Sur le plan social, l'exonération de cotisations s'applique jusqu'à 96 120 € (2 PASS). La CSG/CRDS s'applique au-delà du montant légal ou conventionnel.
