Indemnités de licenciement Syntec : guide de calcul ETAM et cadres (2026)
Comment calculer les indemnités de licenciement chez Syntec (IDCC 1486) ? Barèmes 2026 ETAM et cadres, salaire de référence, cas pratique chiffré et erreurs

Pour calculer les indemnités de licenciement sous la convention Syntec (IDCC 1486), il faut appliquer des barèmes distincts pour les ETAM et les cadres, souvent plus favorables que le minimum légal. La base de calcul est le salaire de référence (moyenne des 3 ou 12 derniers mois), et l'employeur verse toujours le montant le plus élevé entre le calcul légal et le conventionnel.
Le calcul des indemnités de licenciement sous la convention Syntec (IDCC 1486) obéit à des règles spécifiques, plus généreuses que le droit commun du travail. La convention distingue deux barèmes distincts selon le statut du salarié, ETAM ou cadre, basés sur un salaire de référence qu'il est crucial de bien définir. L'employeur est tenu d'appliquer le calcul (légal ou conventionnel) qui se révèle le plus avantageux pour le salarié. Comprendre cette mécanique est essentiel pour s'assurer de percevoir la somme due. Ce guide détaille les formules, les pièges à éviter et des exemples concrets pour chaque statut.
Ce qu'il faut retenir
- La convention Syntec (IDCC 1486) établit des barèmes d'indemnités de licenciement spécifiques et souvent plus favorables que le minimum légal.
- Il existe deux modes de calcul distincts : un pour les salariés ETAM (Employés, Techniciens, Agents de Maîtrise) et un autre pour les Ingénieurs et Cadres.
- Le salaire de référence est la base du calcul ; il correspond à la formule la plus avantageuse pour le salarié entre la moyenne des 12 derniers mois et celle des 3 derniers mois.
- Toutes les primes récurrentes (prime de vacances, commissions) doivent être intégrées dans l'assiette de calcul du salaire de référence.
- L'employeur doit toujours verser le montant le plus élevé entre l'indemnité calculée selon le Code du travail et celle issue de la convention Syntec.
Ce que prévoit la convention collective Syntec (IDCC 1486) sur le licenciement
La rupture d'un contrat de travail dans une entreprise relevant de la convention collective Syntec impose de se référer à des règles de calcul d'indemnités qui dérogent au droit commun. Cette convention, identifiée sous le code IDCC 1486, s'applique à un large secteur d'activité incluant les bureaux d'études techniques, les sociétés de conseil et les entreprises de services du numérique. Elle a la particularité de prévoir des dispositions souvent plus protectrices pour les salariés que celles du Code du travail, notamment en matière d'indemnisation de fin de contrat.
La convention Syntec définit deux régimes d'indemnisation distincts, basés sur la classification professionnelle du salarié :
- Les ETAM : Employés, Techniciens et Agents de Maîtrise.
- Les Ingénieurs et Cadres.
Cette distinction est fondamentale car les barèmes et les modalités de calcul diffèrent significativement entre ces deux catégories. L'employeur ne peut se contenter d'appliquer le minimum légal ; il doit systématiquement comparer le résultat obtenu par le calcul légal et celui du calcul conventionnel pour verser au salarié le montant le plus élevé. C'est l'application du "principe de faveur", une pierre angulaire du droit du travail français. Ce principe garantit que lorsqu'une convention collective offre des avantages supérieurs à la loi, ce sont ces avantages qui prévalent. Le cumul des deux indemnités est en revanche impossible.
Convention collective nationale des bureaux d'études techniques (IDCC 1486)
La convention collective nationale des bureaux d'études techniques, des cabinets d'ingénieurs-conseils et des sociétés de conseil, plus connue sous le nom de convention Syntec, porte l'identifiant de convention collective (IDCC) 1486. Cet identifiant est crucial car il permet de vérifier sans ambiguïté sur son bulletin de paie si l'on dépend bien de ce texte. Elle couvre des dizaines de milliers d'entreprises en France, principalement dans les secteurs de l'informatique, de l'ingénierie, du conseil, de la traduction et de la formation professionnelle. Connaître cette référence est la première étape pour faire valoir ses droits spécifiques en cas de licenciement.
Champ d'application : qui est concerné par le barème Syntec ?
Le barème d'indemnisation Syntec s'applique à tous les salariés des entreprises dont l'activité principale entre dans son champ d'application. Pour en bénéficier, le salarié doit être titulaire d'un contrat à durée indéterminée (CDI) et être licencié pour un motif qui ouvre droit à une indemnité (motif personnel non disciplinaire, inaptitude, motif économique). Le droit à l'indemnité légale est ouvert à partir de 8 mois d'ancienneté ininterrompue au service du même employeur, seuil qui s'applique également pour le calcul de l'indemnité Syntec, sauf dispositions plus favorables. Il est donc essentiel de vérifier sa classification (ETAM ou cadre) et son ancienneté précise, qui se calcule jusqu'à la date de fin du préavis, qu'il soit exécuté ou non. Pour un accompagnement détaillé, il peut être utile de se référer au guide sur le calcul de l'ancienneté pour une indemnité de licenciement.
Principe de faveur : légal ou conventionnel, que retenir ?
Le principe de faveur impose à l'employeur de comparer deux calculs et de retenir le plus avantageux pour le salarié :
- L'indemnité légale de licenciement, prévue par le Code du travail (articles L.1234-9 et R.1234-2).
- L'indemnité conventionnelle de licenciement, prévue par la convention Syntec.
En pratique, l'indemnité Syntec est très souvent supérieure à l'indemnité légale, surtout pour les salariés ayant une ancienneté significative. Cependant, cette vérification reste une obligation légale. Une erreur sur ce point peut entraîner un contentieux devant le Conseil de prud'hommes. Le salarié ne peut exiger le cumul des deux, mais bien le versement du montant le plus élevé.
Salaire de référence Syntec : comment le calculer avant tout ?
Avant d'appliquer un quelconque barème, la première étape consiste à déterminer le "salaire de référence". C'est sur cette base, aussi appelée assiette de calcul, que les pourcentages et les fractions de mois seront appliqués. Le Code du travail, et la convention Syntec par renvoi, proposent deux méthodes de calcul. L'employeur doit retenir celle qui est la plus favorable au salarié.
La jurisprudence et les textes sont clairs : le salaire à prendre en compte est la rémunération brute perçue par le salarié avant la rupture de son contrat. Cela inclut non seulement le salaire de base fixe mais aussi tous les éléments variables qui ont un caractère de complément de salaire. L'enjeu est de taille, car une assiette de calcul sous-évaluée diminuera mécaniquement le montant final de l'indemnité.
💡 À noter : L'erreur la plus fréquente, et la plus coûteuse pour le salarié, est d'omettre les primes et autres éléments variables récurrents de cette base de calcul. La vigilance est donc de mise lors de la vérification du solde de tout compte.
Méthode des 12 derniers mois vs méthode des 3 derniers mois
Selon l'article R.1234-4 du Code du travail, le salaire de référence est calculé en retenant la formule la plus avantageuse pour le salarié parmi les deux suivantes :
- La moyenne mensuelle des 12 derniers mois précédant la notification du licenciement. Cette méthode est souvent favorable si le salarié a perçu des primes annuelles (13ème mois, prime de vacances, bonus) au cours de cette période.
- La moyenne mensuelle des 3 derniers mois. Dans ce cas, les primes et gratifications de caractère annuel ou exceptionnel versées durant cette période sont prises en compte au prorata. Par exemple, si une prime annuelle de 1 200 € a été versée, on en intègre 300 € (1 200 € / 12 * 3) dans le calcul.
Le choix entre ces deux méthodes n'est pas anodin, notamment en cas de variation de la rémunération (augmentation récente, passage à temps partiel, commissions fluctuantes). Il est impératif d'effectuer les deux calculs pour identifier le plus bénéfique (village-justice.com, 2015).
Quelles primes intégrer dans l'assiette de calcul ?
L'assiette de calcul doit inclure tous les éléments de rémunération qui ne correspondent pas à un simple remboursement de frais professionnels. La distinction se fait entre les primes récurrentes et les primes véritablement exceptionnelles.
Primes à intégrer :
- Salaire de base brut.
- Heures supplémentaires.
- Primes contractuelles ou conventionnelles (13ème mois, prime de vacances Syntec).
- Commissions et pourboires.
- Avantages en nature (véhicule de fonction, logement), évalués mensuellement.
- Primes d'objectifs si leur versement est régulier.
Éléments à exclure :
- Remboursements de frais professionnels (notes de frais, indemnités de transport).
- L'indemnité compensatrice de congés payés.
- Les sommes liées à l'intéressement et à la participation.
- Les primes qualifiées d'exceptionnelles, c'est-à-dire non liées à l'activité normale du salarié et à caractère ponctuel. La Cour de cassation a apporté des clarifications sur ce point (village-justice.com, mars 2025), soulignant que le caractère véritablement exceptionnel d'une prime doit être prouvé par l'employeur pour justifier son exclusion.
Barème ETAM : formule et tableau de calcul par tranche d'ancienneté
Pour les salariés classés ETAM (Employés, Techniciens, Agents de Maîtrise), la convention Syntec prévoit un barème progressif par tranches d'ancienneté, qui se révèle plus avantageux que le barème légal au-delà de deux ans de présence. La condition minimale de 8 mois d'ancienneté reste applicable pour ouvrir le droit à une indemnité.
La formule de calcul conventionnelle pour les ETAM est la suivante :
- Ancienneté jusqu'à 10 ans : 0,25 mois de salaire de référence par année de présence.
- Ancienneté au-delà de 10 ans : 0,333 mois (soit 1/3 de mois) de salaire de référence par année de présence, pour les années au-delà de la dixième.
Ce calcul par tranches est une différence majeure avec le régime des cadres. Il faut décomposer l'ancienneté du salarié et appliquer le taux correspondant à chaque tranche, puis additionner les résultats. Les années incomplètes sont prises en compte au prorata du nombre de mois complets. Un simulateur d'indemnité de licenciement peut aider à valider ces calculs.
Tableau comparatif ETAM vs barème légal
Pour illustrer l'avantage du barème Syntec ETAM par rapport au barème légal, voici un tableau comparatif pour un salaire de référence de 3 000 €. Le barème légal est de 1/4 de mois par an jusqu'à 10 ans et 1/3 de mois au-delà.
| Ancienneté | Calcul Indemnité Légale | Montant Légal | Calcul Indemnité Syntec ETAM | Montant Conventionnel |
|---|---|---|---|---|
| 5 ans | (5 * 1/4) * 3000 | 3 750 € | (5 * 0,25) * 3000 | 3 750 € |
| 10 ans | (10 * 1/4) * 3000 | 7 500 € | (10 * 0,25) * 3000 | 7 500 € |
| 15 ans | [(10 * 1/4) + (5 * 1/3)] * 3000 | 12 500 € | [(10 * 0,25) + (5 * 1/3)] * 3000 | 12 500 € |
| 20 ans | [(10 * 1/4) + (10 * 1/3)] * 3000 | 17 500 € | [(10 * 0,25) + (10 * 1/3)] * 3000 | 17 500 € |
Note (2026) : Depuis les ordonnances travail, le barème légal a été revalorisé et coïncide désormais avec le barème Syntec ETAM. La comparaison reste une obligation, mais les montants sont identiques. L'avantage conventionnel est donc neutralisé pour cette catégorie.
Calcul étape par étape pour un ETAM
Prenons un ETAM avec 12 ans et 6 mois d'ancienneté et un salaire de référence de 2 800 €.
- Décomposition de l'ancienneté : 10 ans pour la première tranche, 2,5 ans pour la seconde.
- Calcul pour la première tranche (jusqu'à 10 ans) :
- 10 ans * 0,25 * 2 800 € = 7 000 €
- Calcul pour la seconde tranche (au-delà de 10 ans) :
- 2,5 ans * (1/3) * 2 800 € = 2 333,33 €
- Total de l'indemnité conventionnelle Syntec :
- 7 000 € + 2 333,33 € = 9 333,33 €
Ce montant doit ensuite être comparé au calcul de l'indemnité légale (qui donnera le même résultat dans ce cas) pour confirmer la somme finale à verser. Consulter un tableau des indemnités de licenciement par ancienneté peut offrir des repères utiles.
Barème cadres Syntec : formule spécifique et plafond à 12 mois
Le régime applicable aux ingénieurs et cadres sous la convention Syntec est à la fois plus simple dans sa formule et potentiellement plus avantageux pour les anciennetés moyennes. Contrairement aux ETAM, il n'y a pas de calcul par tranches. La règle est linéaire mais elle est assortie d'un plafond que l'indemnité ne peut dépasser.
La formule de calcul est la suivante :
- 1/3 de mois de salaire de référence par année d'ancienneté, à compter de la première année.
Cependant, la convention Syntec impose une limite :
- Plafond : Le montant total de l'indemnité de licenciement pour un cadre ne peut excéder 12 mois de son salaire de référence.
Ce plafond est un élément déterminant pour les salariés ayant une très longue carrière dans la même entreprise. Le calcul est également proratisé pour les années incomplètes en fonction des mois de présence.
Tableau cadres : indemnité par années d'ancienneté
Le barème cadre est nettement plus favorable que le barème légal, notamment entre 1 et 10 ans d'ancienneté. Voici une comparaison pour un cadre avec un salaire de référence de 5 000 €.
| Ancienneté | Calcul Indemnité Légale | Montant Légal | Calcul Indemnité Syntec Cadre | Montant Conventionnel |
|---|---|---|---|---|
| 5 ans | (5 * 1/4) * 5000 | 6 250 € | (5 * 1/3) * 5000 | 8 333 € |
| 10 ans | (10 * 1/4) * 5000 | 12 500 € | (10 * 1/3) * 5000 | 16 667 € |
| 15 ans | [(10 * 1/4) + (5 * 1/3)] * 5000 | 20 833 € | (15 * 1/3) * 5000 | 25 000 € |
| 20 ans | [(10 * 1/4) + (10 * 1/3)] * 5000 | 29 167 € | (20 * 1/3) * 5000 | 33 333 € |
| 40 ans | [(101/4) + (301/3)] * 5000 | 62 500 € | (40 * 1/3) * 5000 = 66 667 €. Plafonné à 12 * 5000 | 60 000 € |
On observe que l'avantage conventionnel est très marqué. Cependant, le plafond finit par limiter le montant pour les très longues anciennetés, où le calcul légal peut redevenir plus intéressant.
Quand le plafond de 12 mois est-il atteint ?
Le plafond de 12 mois de salaire est atteint lorsque l'ancienneté du cadre atteint un certain seuil. Le calcul pour trouver ce seuil est simple :
- Seuil = Plafond (12 mois) / Taux annuel (1/3 de mois)
- Seuil = 12 / (1/3) = 36 ans
Un cadre relevant de la convention Syntec atteindra le plafond de l'indemnité conventionnelle de licenciement après 36 ans d'ancienneté. Au-delà, le montant de son indemnité conventionnelle sera gelé à 12 mois de son salaire de référence. Il faudra alors comparer ce plafond avec le calcul de l'indemnité légale, qui ne comporte pas de plafond et continuera de progresser, pour déterminer le montant dû.
Cas pratique chiffré : calcul complet pour un cadre et un ETAM
Pour bien comprendre l'application de ces règles, rien ne remplace des exemples concrets et chiffrés. Nous allons dérouler le calcul complet pour deux profils types : un technicien ETAM avec une ancienneté significative et un ingénieur cadre. Ces cas pratiques permettent de visualiser l'interaction entre le barème légal et les deux barèmes conventionnels Syntec, ainsi que l'importance du principe de faveur.
Chaque scénario suivra la même logique :
- Définition du profil (statut, ancienneté, salaire de référence).
- Calcul de l'indemnité légale.
- Calcul de l'indemnité conventionnelle Syntec.
- Comparaison et détermination du montant final à verser au salarié.
Ces exemples sont des illustrations et ne remplacent pas une analyse personnalisée. Pour une situation réelle, il est toujours recommandé de consulter un avocat spécialisé en droit du travail.
Scénario 1 : ETAM, 14 ans d'ancienneté, salaire de référence 3 200 €
- Profil : Salarié ETAM, 14 ans d'ancienneté, salaire de référence de 3 200 €.
Calcul de l'indemnité légale :
- Tranche 1 (≤ 10 ans) : 10 ans * (1/4) * 3 200 € = 8 000 €
- Tranche 2 (> 10 ans) : 4 ans * (1/3) * 3 200 € = 4 266,67 €
- Total légal : 8 000 + 4 266,67 = 12 266,67 €
Calcul de l'indemnité conventionnelle Syntec (ETAM) :
- La formule étant identique à la formule légale depuis 2017.
- Tranche 1 (≤ 10 ans) : 10 ans * 0,25 * 3 200 € = 8 000 €
- Tranche 2 (> 10 ans) : 4 ans * (1/3) * 3 200 € = 4 266,67 €
- Total conventionnel : 8 000 + 4 266,67 = 12 266,67 €
Conclusion : Les deux montants étant identiques, l'indemnité due au salarié est de 12 266,67 €.
Scénario 2 : Cadre, 9 ans d'ancienneté, salaire de référence 5 500 €
- Profil : Salarié Cadre, 9 ans d'ancienneté, salaire de référence de 5 500 €.
Calcul de l'indemnité légale :
- Le calcul se fait sur une seule tranche car l'ancienneté est inférieure à 10 ans.
- 9 ans * (1/4) * 5 500 € = 12 375 €
Calcul de l'indemnité conventionnelle Syntec (Cadre) :
- La formule est linéaire : 1/3 de mois par année.
- 9 ans * (1/3) * 5 500 € = 16 500 €
- Le montant est inférieur au plafond de 12 mois (12 * 5 500 = 66 000 €), il est donc valide.
Conclusion : L'indemnité conventionnelle (16 500 €) est supérieure à l'indemnité légale (12 375 €). En application du principe de faveur, l'employeur doit verser au salarié la somme de 16 500 €. Cet exemple montre clairement l'avantage du barème cadre Syntec.
L'erreur la plus coûteuse : mal définir l'assiette de calcul
Au-delà de l'application du bon barème, l'erreur la plus dommageable pour le salarié se situe en amont : dans la définition de l'assiette de calcul. Un salaire de référence sous-évalué, car expurgé à tort de certains éléments de rémunération, entraîne une perte financière directe et illégitime. Cette erreur est fréquente, parfois par méconnaissance des règles, parfois par une interprétation volontairement restrictive de la part de l'employeur.
Le point de friction principal concerne les primes. Le droit du travail, confirmé par une jurisprudence constante, impose d'intégrer toutes les sommes qui constituent une contrepartie du travail. Seules les primes véritablement exceptionnelles et les remboursements de frais peuvent être exclus. Une mauvaise définition de cette assiette constitue un motif de contestation valable devant le Conseil de prud'hommes.
⚠️ Attention : Conservez précieusement vos 12 à 24 derniers bulletins de paie avant la rupture. Ils sont la preuve indispensable pour reconstituer la bonne assiette de calcul et, le cas échéant, chiffrer votre réclamation.
Primes récurrentes vs primes exceptionnelles : la distinction qui change tout
La jurisprudence distingue clairement deux types de primes :
- Les primes récurrentes ou contractuelles : Celles dont le versement est régulier et lié à l'activité normale du salarié. Elles font partie intégrante du salaire et doivent être incluses dans l'assiette. C'est le cas de la prime de vacances Syntec, des primes de 13ème mois, des commissions sur chiffre d'affaires, ou des bonus annuels basés sur la performance. Peu importe leur nom, c'est leur nature de complément de salaire qui compte.
- Les primes exceptionnelles : Celles qui sont discrétionnaires, ponctuelles, et liées à un événement unique non rattaché au contrat de travail (ex: prime pour une invention hors contrat, prime de mariage). Leur exclusion est possible, mais l'employeur doit en prouver le caractère exceptionnel. La Cour de cassation a récemment rappelé ces principes, indiquant que la charge de la preuve pèse sur l'employeur (village-justice.com, 31 mars 2025).
Conséquence d'une assiette mal construite : le contentieux prud'homal
Si un salarié constate que son indemnité de licenciement a été calculée sur une base erronée (par exemple, uniquement le salaire fixe brut sans les commissions), il peut contester le montant. La première étape est une tentative de résolution amiable avec l'employeur, par lettre recommandée avec accusé de réception, en détaillant le calcul rectifié.
En cas d'échec, la saisine du Conseil de prud'hommes est possible. Le salarié devra alors apporter les preuves de sa rémunération réelle (bulletins de paie, contrat de travail). Si le juge lui donne raison, l'employeur sera condamné à verser un rappel de l'indemnité de licenciement, auquel peuvent s'ajouter des dommages et intérêts pour résistance abusive, bien que cela soit plus rare. L'action doit être engagée dans les délais de prescription applicables.
Licenciement économique et mise à la retraite sous Syntec : règles spécifiques
Le calcul de l'indemnité de licenciement peut connaître des adaptations ou des exclusions selon la nature de la rupture du contrat de travail. Si les barèmes Syntec constituent la norme, certains contextes spécifiques modifient les droits du salarié. Il est crucial d'identifier la nature exacte de la fin du contrat pour appliquer les bonnes règles.
Le cas du licenciement économique, par exemple, obéit aux mêmes barèmes de base mais peut être complété par des mesures d'accompagnement. À l'inverse, une rupture pour faute grave ou lourde prive le salarié de son droit à l'indemnité. La mise à la retraite par l'employeur ouvre quant à elle droit à une indemnité spécifique, distincte de celle du licenciement.
Licenciement économique : le barème Syntec s'applique-t-il ?
En cas de licenciement pour motif économique, le salarié relevant de la convention Syntec a droit, au minimum, à l'indemnité conventionnelle de licenciement calculée selon les barèmes ETAM ou cadre. Le calcul est donc identique à celui d'un licenciement pour motif personnel.
Cependant, un licenciement économique s'inscrit souvent dans un cadre plus large, notamment dans les entreprises d'une certaine taille. Si un Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) est mis en place, il peut prévoir des indemnités "supra-légales" ou "supra-conventionnelles", c'est-à-dire des montants d'indemnisation plus élevés que les minimums Syntec. Il faut alors se référer au contenu du PSE. Pour plus de détails, consultez notre fiche sur la prime de licenciement économique pour un salarié en CDI.
Mise à la retraite et faute grave : exceptions au versement de l'indemnité
Le versement de l'indemnité de licenciement n'est pas automatique dans toutes les situations de rupture.
- Faute grave ou lourde : Si le licenciement est prononcé pour une faute grave (violation sérieuse des obligations contractuelles rendant impossible le maintien dans l'entreprise) ou une faute lourde (intention de nuire à l'employeur), le salarié est privé de son indemnité de licenciement, qu'elle soit légale ou conventionnelle. Il ne perçoit que son indemnité compensatrice de congés payés.
- Mise à la retraite : Lorsqu'un employeur met un salarié à la retraite, ce dernier a droit à une indemnité de mise à la retraite. Son montant est prévu par la convention Syntec et est souvent calqué sur celui de l'indemnité de licenciement, mais il convient de vérifier les dispositions conventionnelles spécifiques en vigueur au moment de la rupture.
Préavis de licenciement Syntec : durée et articulation avec l'indemnité
Le préavis est la période qui s'écoule entre la notification du licenciement et la fin effective du contrat de travail. Sa durée est également fixée par la convention Syntec et varie selon le statut et l'ancienneté. Il ne doit pas être confondu avec l'indemnité de licenciement, qui vise à réparer le préjudice de la perte d'emploi.
Pour les salariés ETAM, la durée du préavis varie de un à deux mois en fonction de l'ancienneté et du coefficient. Pour les cadres, elle est généralement de trois mois. Le point de départ du préavis est la date de première présentation de la lettre recommandée notifiant le licenciement.
Si l'employeur dispense le salarié d'effectuer son préavis, il doit lui verser une indemnité compensatrice de préavis. Cette indemnité est égale au salaire qu'aurait perçu le salarié s'il avait travaillé pendant cette période. Elle est soumise à cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu, et entre dans l'assiette de calcul de l'indemnité de congés payés afférente. Cette somme est distincte et s'ajoute à l'indemnité de licenciement.
Sources
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Consultez un avocat ou un professionnel du droit pour toute situation concrète.
Fiches connexes
Prime de licenciement pour inaptitude : calcul légal 2026
Comment se calcule la prime de licenciement pour inaptitude ? Formule légale, distinction pro/non pro, cas pratique chiffré, régime fiscal et pièges
Par Clément Garnier · 10 septembre 2026
Durée du chômage après un licenciement pour inaptitude
Combien de temps touchez-vous le chômage après un licenciement pour inaptitude ? Durée ARE, délais de carence, différé et cas pratique chiffré expliqués
Par Clément Garnier · 6 septembre 2026
Questions fréquentes
Comment calculer l'indemnité de licenciement pour un cadre Syntec ?
Pour un cadre relevant de la convention Syntec, l'indemnité de licenciement est fixée à 1/3 de mois de salaire par année d'ancienneté, avec un plafond total de 12 mois de salaire. L'ancienneté s'apprécie dès la première année de présence. Le calcul se base sur le salaire de référence le plus avantageux (moyenne des 12 ou 3 derniers mois).
Quelle est la formule pour calculer l'indemnité de licenciement ?
La formule générale de l'indemnité légale de licenciement est de 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, et 1/3 de mois pour les années suivantes. Toutefois, une convention collective comme Syntec peut prévoir une formule plus favorable qui s'appliquera à la place.
Quel est le tableau de calcul des indemnités de licenciement ?
Le tableau de calcul des indemnités de licenciement, aussi appelé barème, dépend du Code du travail ou de la convention collective applicable. Pour la convention Syntec, il existe deux barèmes distincts : un pour les ETAM (par tranches d'ancienneté) et un pour les cadres (1/3 de mois par an, plafonné).
Quelle est l'indemnité de licenciement prévue par la convention collective 1486 ?
La convention collective Syntec (IDCC 1486) prévoit une indemnité de licenciement souvent plus élevée que le minimum légal. Pour les ETAM, c'est 1/4 de mois/an jusqu'à 10 ans, puis 1/3 au-delà. Pour les cadres, c'est 1/3 de mois/an, plafonné à 12 mois. L'employeur doit verser le montant le plus avantageux pour le salarié.
